Les amendements de Christian Jacob pour ce dossier

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… comme si de rien n'était. Pensez-vous sincèrement que tout cela – une première sous la Ve République – aurait été possible, si nous étions face à l'affaire d'un bagagiste qui aurait outrepassé ses droits ? Non, cette affaire est une affaire qui touche l'État et son chef au coeur. C'est une affaire qui engage aussi la responsabilité du Gouvern...

Nous n'avons pas eu d'autre choix que de mettre en cause la responsabilité de votre gouvernement pour entendre vos réponses aux questions nombreuses et sérieuses que les Français se posent.

Nous formons le voeu – sans doute pieux, monsieur le Premier ministre – que vous nous répondiez, sans arrogance, sans mépris,

en faisant abstraction de votre qualité de très haut fonctionnaire, de votre parcours personnel, d'une forme de sentiment de supériorité et de grands airs que vous peinez à dissimuler.

Car, ici, il n'y a pas de hiérarchie entre les pouvoirs, entre vous et nous, entre votre gouvernement et les députés. Et cette égalité commande d'abord du respect, le respect de l'Assemblée nationale, le respect du Parlement : le saint des saints démocratique.

C'est finalement ce que les Français retiendront de cette affaire Macron-Benalla. Il est dit que les Français n'aimeraient pas leurs parlementaires. À leur décharge, la loi de 2017, cette loi pour une République exemplaire, promesse de campagne de M. Macron, …

… était une loi de défiance à l'égard du Parlement et des parlementaires, qui seraient, selon vous, trop payés, parfois corrompus et trop nombreux. Les Français constatent aujourd'hui, et c'est une trahison pour eux, que la République des copinages malsains, est non pas ici, mais de l'autre côté de la Seine, à l'Élysée.

Ils mesurent également que, pour lutter contre les dérives morales et sanctionner les abus de pouvoir manifestes, nous avons besoin d'une justice indépendante, d'une presse libre, d'un Parlement fort et respecté. Le 9 juillet dernier, devant le Congrès, j'ai demandé si nous allions donner un chèque en blanc à M. Macron pour réduire les pouvoir...

Si des députés se sont levés si nombreux depuis dix jours pour dire non, c'est parce que nous tirons notre force de la proximité avec nos concitoyens, que nous ne sommes pas les pantins de partis. Un Parlement atrophié, composé de députés aux mains d'appareils, serait dans l'incapacité de jouer ce rôle de rempart. Sachez, monsieur le Premier m...

qui a été ajourné et que vous seriez bien inspiré d'abandonner définitivement. Nous ne courberons pas l'échine car nous n'avons jamais été intimidés. Le Président de la République a ouvert sa présidence avec le limogeage honteux d'un grand chef militaire, le général de Villiers, qui avait osé dire la vérité devant une commission parlementaire.

En juillet 2017, nous n'avons pas eu la force collective de dire que ce procédé était indigne. En juillet 2018, nous avons eu cette force collective, la force d'un Parlement digne d'une grande démocratie, non pas pour « venir chercher » M. Macron, comme il le claironne, protégé par son irresponsabilité –

nous avons trop de respect pour la fonction présidentielle – , mais pour exercer notre responsabilité première : le contrôle de l'action du Gouvernement. Or votre gouvernement, qui est aussi celui de M. Macron, a failli. Il a failli par faiblesse, par lâcheté, en laissant M. Benalla asseoir son pouvoir.

Il mérite donc, au-delà du désaveu et de la colère sourde des Français, la censure des députés qui pensent, en conscience, que la responsabilité du Gouvernement est engagée. Ce n'est pas, mes chers collègues, une affaire de partis, une affaire de gauche ou de droite ; c'est une question de transparence, d'honneur, d'éthique, d'intégrité. Voilà...