Intervention de Frédéric Petit

Réunion du mercredi 14 octobre 2020 à 9h30
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrédéric Petit :

Il est extrêmement plaisant de suivre votre travail au fil des années, monsieur le rapporteur pour avis, car, parallèlement à la poursuite de l'analyse budgétaire, vous approfondissez chaque année un sujet particulier.

S'agissant du droit international de l'eau, une spécificité française me marque car on la retrouve rarement dans d'autres pays : la notion de bassin versant, transposée dans le droit administratif. Nous sommes l'un des rares pays à compter des agences de bassin. Ainsi, les regroupements multilatéraux autour du Danube, du Rhin, ne manquent pas mais avez-vous perçu cette notion de travail en bassin au niveau des administrations internationales dans le cadre du green deal, le pacte vert pour l'Europe ?

Par ailleurs, d'un point de vue diplomatique, je suis d'accord avec vous : il est probable qu'aucune guerre ne soit déclenchée. Bien souvent, au contraire, lorsque les situations sont tendues, l'eau est le dernier refuge : on ne se bat pas parce que c'est un domaine qui se place au-dessus des contentieux. En revanche, une gestion commune de l'eau pourrait-elle contribuer à pacifier les relations, sur le modèle de la Communauté européenne du charbon et de l'acier qui, en son temps, à permis de construire l'Europe ? Vous avez cité l'exemple du Nil. Celui des relations entre l'Inde et le Pakistan en est un autre puisque la gestion de l'eau a permis de les pacifier, au-delà de la résolution du problème particulier de l'eau. La diplomatie de l'eau pourrait-elle aller plus loin ?

Nous avons un ambassadeur du climat : peut-il être en charge du dossier de l'eau ou faudrait-il créer un poste d'ambassadeur dédié ?

Enfin, on regrette souvent l'absence de régulation par le droit international sur certaines zones maritimes. Ne devrions-nous pas relier cette question à celui de l'eau ? Je regrette d'ailleurs que la mission concernée soit la seule du ministère dont les crédits aient été réduits.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.