Intervention de Isabelle Saurat

Réunion du jeudi 8 octobre 2020 à 9h00
Commission de la défense nationale et des forces armées

Isabelle Saurat, secrétaire générale pour l'administration :

Je commencerai par répondre aux questions relatives à la politique immobilière et le SNU.

Nos cessions sont de moins en moins nombreuses. En 2020, elles s'élèveront à moins de 25 millions d'euros, ce qui n'est pas lié à la crise sanitaire, mais simplement au fait que nous avons déjà cédé la plupart des emprises les plus faciles à céder. Le processus administratif de cession est aujourd'hui organisé autour de schémas immobiliers propres à chaque base de défense, et dont les préfets de région en charge de la politique de l'État sont destinataires. Ils peuvent ainsi prévoir nos projets de cessions en prenant connaissance des emprises dont nous n'avons plus l'usage. Des échanges locaux sont ainsi prévus entre les préfets de région et les commandants de bases de défense, qui leur remettent les schémas directeurs des bases de défense. En pratique, la phase de cession 2020 avait également été préparée avant la crise sanitaire entre les préfets, l'Éducation nationale et les délégations militaires départementales (DMD), qui nous représentent au niveau départemental. Chaque fois qu'il fallait trouver des sites pour accueillir les jeunes, les armées étaient ainsi sollicitées pour savoir si elles avaient des propositions à cet égard.

À des fins d'efficacité, le SGA, qui est en charge du recensement pour le SNU, a mis à disposition de l'Éducation nationale son système de recensement, afin qu'elle puisse s'appuyer sur le même système d'information. Pour faire venir les jeunes, encore faut-il en effet pouvoir les solliciter. Au début de la crise sanitaire, nous étions ainsi en train de solliciter les candidatures au SNU pour cette année, sur nos systèmes d'information, pour le compte de l'Éducation nationale.

Les crédits que nous avons consacrés au SNU s'élevaient en 2019 à 1 million d'euros, car nous avions à créer le premier module sur la partie défense, ce qui constituait le poste de coûts le plus élevé. En son absence, ces crédits, surtout destinés à la formation des formateurs, s'élèveraient plutôt à ce stade à 234 000 euros en 2020.

En aéronautique, nous assistons en effet à une « inversion du marché » de l'emploi. Le chef d'État-major de l'armée de l'Air indique ainsi avoir commencé à recruter des pilotes de transport sous statut militaire depuis le mois de mai. Des capacités existent donc à cet égard. Dans l'ensemble des métiers de l'aéronautique, les départs de l'armée sont de même moins nombreux et les candidatures plus nombreuses. Même si nous n'allons pas jusqu'à organiser des « passerelles » à proprement parler, les recruteurs de l'armée de l'Air savent aujourd'hui gérer des situations individuelles de ce type, en vue de recrutements sous statut militaire.

La capacité de la Marine à améliorer son taux de renouvellement a été soulignée. Pour permettre aux marins de rester en son sein, elle a versé en 2020 près de 4 000 primes de lien au service, ce qui est considérable, et a donc dû jouer un rôle direct. L'impact du plan famille a dû jouer également, car il incluait des mesures d'aide à l'acquisition du WiFi, et des mesures d'accompagnement des familles et des conjoints, auxquelles les personnes de 30 à 35 ans sont particulièrement sensibles. Durant la crise sanitaire, ces mesures ont été mises en œuvre très directement, en permettant la prise en charge des surcoûts liés aux gardes d'enfants, et en mettant à la disposition des conjoints restés au port des réseaux d'assistants sociaux pour les aider dans leurs démarches. L'ensemble des dispositions ont été extrêmement bien perçues par les familles. Les projets de « double équipage » permettent également dans la Marine de rendre les calendriers davantage prévisibles pour les familles. C'est cet ensemble de mesures qui a permis d'améliorer le taux de renouvellement dans la Marine.

NPRM a été organisé en trois blocs : un bloc « singularité » (traitant des spécificités engendrées par le statut militaire) ; un bloc « finalité » (valorisant la finalité de l'engagement militaire) ; et un bloc « capacité » (portant directement sur l'accomplissement des missions). L'objectif était ainsi d'organiser une montée en puissance de la NPRM, en présentant un schéma global au sein duquel nous puissions indiquer à quel moment nous souhaitions mettre en œuvre chaque bloc au gré des PLF. C'est pourquoi je parlais tout à l'heure de première « brique » : nous déployons actuellement le bloc « singularité », dont le premier volet est celui de la « mobilité ». C'est à ce volet que les 38 millions d'euros sont dédiés pour l'année. Aucune autre prime de mobilité n'est prévue cette année.

Le système Source Solde a été conçu globalement, en écrivant au fur et à mesure le cahier des charges technique et les évolutions de l'outil informatique requises. Les modifications de Source Solde qui ont été commandées ont donc été prévues pour intégrer NPRM.

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