Vous avez montré combien la situation internationale était complexe. Face à cette réalité, recourir au secteur privé en complément de l'action de l'État peut se révéler nécessaire et efficient. Des structures privées dont l'État est parfois actionnaire sont autant de petits leviers d'influence de la France et de l'Europe, ce que les États-Unis et le Royaume-Uni ont d'ailleurs compris depuis longtemps. Comme vous l'avez évoqué, la Russie et la Chine prennent entièrement leur place.
En Europe, en particulier en France, nous pouvons compter sur un secteur privé de qualité. Je pense aux entreprises en lien avec la base industrielle et technologique de défense que la France et l'Europe doivent renforcer. Nous avons à notre disposition des outils comme la société Défense conseil international (DCI), qui dispense aux armées étrangères un accompagnement dans le cadre de la vente d'équipement et dont le chiffre d'affaires est de 220 millions d'euros par an. Près de 3 500 entreprises de sécurité privées dont les chiffres d'affaires sont estimés à 7 milliards d'euros et plus d'une centaine d'entreprises de secteurs de services de défense délivrent à l'international des savoir-faire opérationnels de qualité. La France et l'Europe pourraient-elles s'appuyer davantage sur ces savoir-faire dans les phases de stabilisation et de développement au Sahel ? Comment sécuriser la poursuite du développement de l'économie locale pour les Européens qui y résident et qui y travaillent ?