Intervention de Jean-Christophe Lagarde

Réunion du mercredi 6 octobre 2021 à 15h10
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Christophe Lagarde :

La crise du Covid ayant entraîné le report de préparation de la révision de la LPM après l'élection présidentielle, je souhaite vous faire part de quelques inquiétudes.

Dans le conflit du Haut-Karabakh comme dans la vallée du Panchir, l'emploi des drones a été déterminant. Les Arméniens ont été écrasés en quelques heures et la vallée du Panchir, réputée inexpugnable, est tombée en trois jours. Nous avions du retard en ce domaine. En cas de conflit chaud, la France est-elle suffisamment armée ?

Les Russes viennent de tester avec succès des missiles à haute vélocité. Quelle est la capacité de protection de nos bâtiments face à ces nouvelles armes, qu'elles soient chinoises, russes ou autres ?

La multiplication des drones sous-marins donne plus de chances à des puissances hostiles de repérer un sous-marin adverse. Notre unique sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) en mer pourrait être repéré, voire neutralisé, faisant alors reposer exclusivement la dissuasion sur notre composante aérienne. N'est-il pas temps de changer de posture en mettant deux sous-marins à la mer pour réduire la probabilité de repérer les deux en même temps ?

Nous savons que les conflits de haute intensité deviennent plus probables. Or, si nous avons un modèle d'armée complète, il est échantillonné. Si un conflit de haute intensité impliquant la France devait survenir, nous n'aurions ni la base militaro-industrielle ni le nombre d'équipements nécessaire pour tenir longtemps, que ce soit en moyens aériens ou en moyens blindés. Ne convient-il pas, pour la montée en charge de la seconde partie de la LPM et de la future LPM, d'engager une réflexion à ce sujet.

Enfin, vous dites que 2500 hommes sont redéployés au Sahel et que nous ne viendrions plus qu'en soutien. Si le Mali ne veut plus de nous, d'autres pays restent en danger. Si ces événements politiques se produisaient dans les pays voisins, le redéploiement de nos forces est-il envisagé afin de garantir la poursuite de la lutte contre les terroristes ?

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