Nous avons vu cet article publié dans Nature Scientific Reports en septembre 2019. Cette étude a confirmé ce que nous attendions, puisqu'en 2007, l'article publié par Phuc et autres d'Oxitec faisait déjà état de ce que l'on appelle la pénétrance incomplète du caractère transgénique, à savoir que les individus transgéniques qui sont censés ne pas survivre sur le terrain ne suivaient pas à 100 % cette destinée. En laboratoire, 2 % d'individus transgéniques survivants avaient déjà été caractérisés. Nous attendions tout à fait sur le terrain la présence de ces survivants. D'ailleurs, nous avons analysé les risques associés dans notre avis. Ce qu'a fait cette publication, c'est confirmer ce que nous attendions et l'observer, ce qui est très intéressant en soi, mais qui n'est pas une nouveauté.
Vous avez parlé d'hybridation. La présence de fractions d'ADN provenant des moustiques relâchés est relativement faible. Ce sont des fragments d'ADN aléatoires. Nous ne parlons pas du transgène. Ce sont des moustiques d'élevage qui se retrouvent en effet dans la population. C'est pour cela que nous recommandons de caractériser les moustiques relâchés en termes de compétences vectorielles et en termes de vigueur, de sorte que ces fractions d'ADN n'apportent pas un nouvel avantage sélectif à la population. Mais surtout, nous recommandons d'utiliser une souche génétique la plus proche possible de la population cible, donc d'introgresser, c'est-à-dire introduire la modification génétique dans une souche proche de la souche des moustiques cibles.