Nous ne disposons pas de données statistiques à ce stade sur le décrochage, mais il convient de distinguer les mineurs et les majeurs. Depuis plusieurs années, les missions locales voient la part des mineurs progresser dans les personnes qu'elles accompagnent. En revanche, ils n'affluent pas massivement dans les missions locales, ce qui est sans doute lié à l'absence totale de communication. Ni les jeunes ni les parents ne sont informés de cette obligation de formation entre 16 et 18 ans. Le ministère de l'Éducation nationale indique que le confinement n'aurait pas eu autant d'effet sur le décrochage des mineurs, ce qui reste à vérifier. L'estimation est de 60 000 jeunes décrocheurs mineurs par an, et nous atteindrions ce volume pour l'année 2020.
Les jeunes, notamment les étudiants, qui n'ont plus accès aux contrats leur permettant de financer leurs études et qui ne bénéficient pas de bourses, se retrouvent dans des situations très complexes, ce qui conduit à craindre la précarisation de nouveaux publics et leur arrivée massive dans les missions locales. L'activité de ces dernières s'est intensifiée suite au ralentissement des flux de sortie, dans la mesure où les solutions sont difficiles à trouver, mais également avec l'arrivée des nouveaux accueillis et le retour des CDD non prolongés.