Intervention de Sylvie Tolmont

Réunion du mardi 9 mars 2021 à 17h15
Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSylvie Tolmont :

Monsieur le ministre, dire que les perspectives de la rentrée 2021 nous inquiètent est un euphémisme. Dans l'enseignement secondaire, où 1 883 postes ont été supprimés dans le budget 2021, alors que 43 518 élèves sont attendus, viennent s'ajouter des DHG en très forte diminution au collège comme au lycée. Vous aurez ainsi supprimé près de 4 500 postes depuis le début du quinquennat.

Par ailleurs, la compensation de ces suppressions par des heures supplémentaires, humainement impossibles à assurer pour les enseignants, ne tient pas. En effet, selon un rapport sénatorial, 12,3 millions d'euros de crédits affectés dans ce cadre n'ont pas été consommés en 2019.

Cette stratégie de tension continue diminue l'offre d'options et spécialités et touche sans distinction les établissements en zones rurales et urbaines, mais également l'éducation prioritaire. Elle remet en question l'accompagnement des élèves en difficulté, qu'il s'agisse d'individualisation des parcours ou de travaux en groupes restreints, et traduit une profonde remise en cause d'une école inclusive, juste pour tous et exigeante pour chacun.

À l'école primaire, nous demandons a minima qu'un nouveau moratoire soit décidé comme en 2020 afin qu'aucune fermeture de classe ne puisse être réalisée sans l'accord des maires et afin de tenir compte de la persistance de la crise sanitaire. À titre d'exemple, le projet de carte scolaire de la Sarthe prévoit la fermeture de 43 classes en 2021, dont la grande majorité se trouve en zone rurale. Les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) sont même concernés. Or leur vocation est d'assurer l'accès à l'éducation par la mise en commun des moyens des petites communes rurales. Les territoires ruraux demeurent à cet égard particulièrement fragiles. Les offres éducatives constituent pour eux un facteur essentiel d'attractivité et de développement.

Enfin, nous avons appris en février que 250 millions d'euros d'économies ont été dégagés à l'Éducation nationale, ce qui ne manque pas de nous interpeller. Quels postes budgétaires devront supporter ces économies ? Quelles dépenses ont été reportées ? Comment cet argent sera-t-il investi en 2021 ? Alors que la rentrée 2021 s'annonce difficile, vos réponses sont attendues.

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