Intervention de Grégory Labille

Réunion du mardi 28 septembre 2021 à 21h00
Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGrégory Labille :

Tous ceux qui ont vu les images de ces jeunes que la crise sanitaire et les confinements à répétition avaient réduits à faire la queue devant les banques alimentaires ont reçu un électrochoc. Ces images doivent nous faire prendre conscience de l'importance des restaurants universitaires pour l'accession des étudiants à une nourriture de qualité à un prix raisonnable.

Si les CROUS ont accompli un travail remarquable pour améliorer l'accueil et la qualité des repas servis dans les restaurants universitaires, ils ont également su s'adapter à la demande des étudiants, qui n'ont pas tous les jours la possibilité de partager un long repas avec leurs camarades. Ainsi, prenant acte du fait que près d'un étudiant sur trois considère l'offre de restauration comme moyennement adaptée au regard du temps d'attente et que près d'un étudiant sur quatre juge les horaires d'ouverture inadaptés, les CROUS ont créé une offre de restauration diversifiée, plus rapide et flexible, si bien que la restauration rapide représente désormais plus de 45 % de l'offre proposée.

Je salue la décision de notre collègue rapporteur au Sénat de limiter l'objet de la proposition de loi aux lieux où il n'existe pas d'offre de restauration universitaire : les étudiants sont d'autant plus attachés aux « restos U » que les CROUS ont su s'adapter pour répondre à leurs attentes.

Madame la ministre, que j'ai écoutée avec attention lorsqu'elle s'est exprimée sur cette proposition de loi au Sénat, s'oppose au texte au motif qu'elle préfère développer, dans les zones blanches, une politique de conventionnement et d'agrément afin d'ouvrir aux étudiants l'accès aux cantines administratives, scolaires et hospitalières. Je ne saurais m'opposer à cette solution, qui leur permet de se restaurer dans des établissements respectant les mêmes exigences que les restaurants universitaires, mais elle ne remédie pas entièrement aux inégalités territoriales constatées. On peut, en effet, sans être étudiant dans une grande ville ou une grande université, avoir un emploi du temps serré. Si un certain nombre d'étudiants jugent déjà les horaires de leur restaurant universitaire inadaptés, je n'ose imaginer ce qu'il en est pour ceux qui doivent aller prendre leur repas dans la cantine bondée d'un collège situé à l'autre bout de la ville !

Alors que 65 % des étudiants sautent régulièrement un repas et que 12 % d'entre eux ne font pas de repas supplémentaire pour des raisons économiques, il est de notre devoir de ne pas laisser de jeunes dans cette impasse pour des raisons pratiques ou financières. Faute de pouvoir leur proposer une offre pratique et rapide, le ticket restaurant apparaît comme une solution efficace et, surtout, simple car, si des milliers d'étudiants rechargent quotidiennement leur compte Izly pour payer leur repas au « resto U », je ne vois pas ce qui nous empêcherait de créer un système optimal de ticket restaurant.

Le groupe UDI-I soutiendra donc la proposition de loi, qui contribuerait à l'amélioration de la qualité de vie et de l'autonomie de nos étudiants.

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