Intervention de Jean-Michel Blanquer

Réunion du mercredi 20 octobre 2021 à 14h05
Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Jean-Michel Blanquer, ministre :

Je remercie la rapporteure pour son travail, sa description fidèle du projet de budget et pour avoir souligné une série d'avancées, de nouveautés ou de consécrations. Je pense au pass culture et au pass'sport ou à la création de l'association Préau, « comité d'entreprise » destiné à rendre des services aux professeurs de l'éducation nationale. Lors du Grenelle de l'éducation, outre la revalorisation, j'ai pris onze engagements sur des aspects parfois immatériels ou autres que pécuniaires. Cela aura un coût mais il convient de renforcer l' affectio societatis à l'éducation nationale et d'améliorer le niveau de vie. Par-delà les rémunérations, se pose, par exemple, la question du coût du logement des professeurs, différent selon les régions. Tous ces éléments, pas toujours visibles à l'œil nu dans le budget, sont pris en compte pour améliorer concrètement de la situation des professeurs sur le terrain.

Devoirs faits, à destination des élèves les plus en difficulté, est basé sur le volontariat. Pour l'année scolaire 2019-2020, 707 000 élèves, soit 29,4 % et pour 2020-2021, 770 000, soit 30,5 %, en ont bénéficié. Le taux horaire moyen national d'utilisation par chaque élève est de 2,6 heures par semaine. 41 % des élèves de sixième sont bénéficiaires de Devoirs faits, et 48,1 % des collégiens en REP+. Le dispositif est assuré par les professeurs eux-mêmes, à 62,5 %, et pour le reste, par des assistants d'éducation ou d'autres catégories de personnel. Il répond à un besoin et nous le renforçons afin d'inciter les élèves qui en ont le plus besoin à s'inscrire. Dans le contexte sanitaire et social que nous connaissons, c'est plus que jamais nécessaire.

Monsieur Reiss, je vous répondrai d'abord par une question : selon vous, quelle dernière enquête internationale de référence justifie le bilan noir de l'école française que vous avez dressé ? Dans le prolongement d'une attitude que j'observe souvent dans des journaux ou des interventions publiques, je ne comprends pas la volonté de nourrir le pessimisme ambiant en faisant référence à des étoiles mortes. Le classement PISA pour les élèves de 15 ans date de 2018. En aucun cas, vous ne pouvez inférer de ce classement PISA un quelconque bilan de ce quinquennat. Il ne serait pas intellectuellement honnête de le faire. Non seulement cela ne correspond pas à un raisonnement logique, mais nous avons tous envie, et c'est votre cas, monsieur le député, que la France aille mieux. Aucune enquête internationale n'a suffisamment de recul pour juger en quoi que ce soit du bilan de ce quinquennat, ni en positif ni en négatif. Tous les jugements internationaux comme ceux de l'UNESCO et de l'OCDE tendent à féliciter la France de son action pendant la crise sanitaire. Certes, les citer servirait moins le travail d'opposition mais cela servirait plus l'intérêt de la France.

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