Monsieur Dufrègne, il est vrai que la journée est longue, mais je n'essaie d'endormir personne : j'essaie de convaincre avec mes arguments, comme c'est mon rôle de rapporteur. Quand vous serez dans la majorité et que vous exercerez les fonctions de rapporteur général, vous défendrez les vôtres.
Monsieur Brun, je comprends très bien votre position, mais que se passerait-il si on vous suivait ? Les transactions intra-journalières, que je ne trouve pas du tout formidables pour le monde économique, passeraient dans les infrastructures de marché voisines. C'est aussi bête que cela. Ceux qui les pratiquent se fichent pas mal de ce qui se passe ici, et d'opérer à Paris, à Francfort ou à Madrid : ils iront là où l'environnement fiscal est à peu près cohérent. Dès lors que c'est toujours la zone euro, le reste, pour eux, c'est du pareil au même. Les transactions se dérouleront chez nos voisins, et les PME de votre territoire ne s'en porteront pas mieux – au contraire, elles pourraient en être affectées par effet de ricochet, du fait de l'affaiblissement de notre place financière.
Une économie, cela se regarde de façon intégrée. Je n'approuve pas forcément ces pratiques – c'est vrai pour les transactions intra-journalières comme pour le trading à haute fréquence. Je dis seulement que l'environnement réglementaire européen, voire mondial, est tel que ce qui n'a pas lieu chez nous a de toute façon lieu ailleurs, et que ce sont autant d'occasions perdues sur le plan économique. Veut-on envisager l'économie en France différemment des autres pays ? Je sais, monsieur Dufrègne, que c'est là un discours libéral ; je l'assume totalement, parce que c'est ce que je pense : si nous laissons faire à côté, nous appauvrissons notre pays, ce qui est une erreur.