Intervention de Claudia Rouaux

Réunion du mardi 19 octobre 2021 à 18h30
Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaClaudia Rouaux :

Vous nous présentez un budget en hausse de 0,3 %, mais cette hausse est essentiellement due à la mise en place du Pass'sport, qui s'avère décevante, à la montée en puissance du SNU, que nous contestons, et aux dépenses de la SOLIDEO.

Nous observons par ailleurs des failles dans le programme Sport. La sédentarité des jeunes constitue un enjeu majeur de santé publique, surtout après des mois de confinement. En 2017, la fédération française de cardiologie indiquait déjà qu'en quarante ans, les jeunes de 9 à 16 ans avaient perdu en moyenne 25 % de leurs capacités physiques. Dans leur rapport d'information sur l'évaluation des politiques de prévention en santé publique, Régis Juanico et Marie Tamarelle-Verhaeghe disent de la sédentarité qu'elle est une « bombe à retardement sanitaire ». Ils montrent que deux tiers des jeunes âgés de 11 à 17 ans sont dans une situation préoccupante, avec plus de deux heures de temps d'écran et moins de vingt minutes d'activité physique par jour. Dans ce contexte particulier, le retour au sport est un enjeu majeur pour la santé des jeunes et de tous les Français et nous regrettons que des crédits supplémentaires ne soient pas prévus pour les clubs et les équipements sportifs locaux, afin de promouvoir le sport jusque dans les territoires.

Notre groupe demandait le Pass'sport de longue date ; nous ne pouvons donc que nous réjouir de son introduction. Toutefois, les premiers chiffres font état d'une faible consommation du dispositif, avec 25 millions consommés sur les 100 millions investis. Le Pass'sport, sous-utilisé, doit être réaménagé.

La vie associative, enfin, a été durement touchée par la crise sanitaire : le 1,5 million d'associations purement bénévoles n'a pas pu bénéficier des mesures de droit commun et peinent à rebondir. La crise actuelle met à mal leur modèle de financement, qui repose à plus de 42 % sur la participation des usagers et qui dépend à 21 % seulement des subventions publiques. Il est donc indispensable que l'État prenne sa part de responsabilité en soutenant durablement tous ces acteurs. Cela suppose qu'il ne se contente pas du plan de relance et qu'il ne soutienne pas seulement les grandes associations.

Pour toutes ces raisons, notre groupe votera contre ce budget.

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