Le budget est la seule occasion que nous avons de parler de l'éducation et de ce qui se passe dans les écoles. C'est un peu pareil avec l'hôpital. Vous parlez de 6 milliards supplémentaires sur quatre ans, dont 1,7 milliard cette année : ça, c'est la com' ! Une partie est dédiée au dédoublement des classes de primaire, alors que le nombre d'élèves baisse. Six milliards vont à une politique « ambitieuse » concernant l'inclusion scolaire. Moi, j'y vois une politique low cost. D'ailleurs, les personnels étaient dans la rue hier. Six milliards pour une revalorisation « historique » de la rémunération des enseignants ? Non, elle est ridicule, dérisoire ! Il est choquant que, dans le sixième pays le plus riche au monde, les enseignants soient moins bien payés qu'ailleurs.
Surtout, le démantèlement de l'école publique est frappant dans ce budget : dans le secondaire, alors que le nombre d'élèves augmente, vous prévoyez des postes en moins. L'augmentation exponentielle des heures supplémentaires équivaut à 2 500 équivalents temps plein. Les profs croulent sous le travail : ils travaillent plus de quarante heures par semaine. Votre bilan, c'est l'augmentation du nombre de non-titulaires, des contractuels à foison, le recul du réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) alors que les élèves sont en difficulté après la crise et ont besoin d'enseignants spécialisés. C'est encore de l'argent donné au privé et, pour finir, la casse de l'enseignement professionnel sous statut scolaire.