Intervention de Joachim Son-Forget

Réunion du mardi 16 juin 2020 à 17h00
Mission d'information sur l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-covid 19 en france

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJoachim Son-Forget :

Monsieur le directeur général de la santé, vous avez dit que vous suiviez les recommandations internationales. Or, le 16 mai, le directeur général de l'OMS s'exprimait de la manière suivante lors d'une conférence de presse destinée à orienter les stratégies nationales de dépistage : « Nous avons un message simple pour tous les pays : testez, testez, testez. » Le 17 mars, vous déclariez, lors de votre conférence de presse quotidienne : « En circulation active, le test n'a pas beaucoup d'intérêt, aucun pays ne le fait ». Pourtant, il apparaît désormais évident que les tests sont indispensables dans une stratégie active de lutte contre le covid-19, notamment pour permettre un isolement efficace des patients infectés. Vous le confirmiez vous-même le 19 mai : « Il faut se faire tester au moindre doute ».

La plupart des pays développés ont mis en place une stratégie de dépistage efficace du covid-19. Parmi les trente-six pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France se distingue de deux manières. D'abord, par le faible nombre de tests réalisés. Vous avez avancé le chiffre de 1,8 million de tests environ. Je tiens à vous rappeler, monsieur le directeur général, que les États-Unis ont réalisé, à ce jour, 23 millions de tests, l'Allemagne 4,3 millions, l'Italie 4,4 millions et l'Espagne 3,1 millions, selon l'agrégateur de données Our World in Data. La France, si l'on retient le chiffre de 1,8 million, a réalisé 27 tests pour 1 000 habitants, ce qui la classe trentième sur les trente-six pays de l'OCDE, derrière la Slovaquie, le Chili et la Turquie, mais devant la Pologne, la Hongrie et la Grèce. Ensuite, nous nous distinguons par un manque de transparence inquiétant, la France étant le seul pays de l'OCDE à ne pas avoir rapporté de manière précise le nombre total de tests réalisés depuis le 5 mai. Ce manque de tests a suscité l'inquiétude chez nombre de nos concitoyens, car un parcours de soins commence par un diagnostic ; or seul l'institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, à Marseille, a testé massivement les patients se présentant à ses portes, réalisant jusqu'au quart des tests quotidiens dans le pays.

Monsieur le directeur général, pouvez-vous nous expliquer sur quelles bases scientifiques et épidémiologiques vous avez déclaré que les tests de diagnostic pour le covid-19 n'avaient pas beaucoup d'intérêt, et pourquoi le ministère a attendu le 5 avril pour autoriser les laboratoires capables de réaliser des diagnostics par PCR, comme les laboratoires de recherche et les laboratoires vétérinaires, à participer à l'effort national de dépistage dont vous avez parlé – étant précisé qu'il faut, à cet égard, être très précis sur la chronologie et sur les chiffres ?

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