Intervention de Julien Borowczyk

Réunion du jeudi 2 juillet 2020 à 10h30
Mission d'information sur l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-covid 19 en france

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJulien Borowczyk :

Je vous entends beaucoup vous projeter vers 2022, monsieur le ministre, mais je reviendrai pour ma part à 2011. Vous avez mentionné votre instruction ministérielle de 2011, que je vous demanderai d'ailleurs de nous communiquer puisqu'elle n'est pas publique. Selon vous, beaucoup – dont nous-mêmes – interprètent mal cette instruction. Pourtant, Didier Houssin, déclare dans Le Monde, au sujet de cette circulaire : « C'était finalement assez voisin de ce qu'on avait utilisé jusqu'alors. Mais le problème, c'est qu'il y a eu un premier changement stratégique, que je considère, moi, plutôt comme une erreur stratégique : dire que les masques FFP2, c'est pour les professionnels. Il faut donc que ce soit les employeurs qui les acquièrent. Mais les employeurs, c'est qui ? Les appels d'offres, vous voyez un peu le bazar pour un hôpital qui a quand même autre chose à faire. La gestion des stocks stratégiques dans la durée, des matériels qu'on va peut-être utiliser dans dix ans, ce n'est pas du boulot d'hôpital ou d'EHPAD. » Que vous inspirent ces propos ?

D'autre part, vous avez été, selon votre déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, membre du conseil de surveillance du centre hospitalier de Saint-Quentin de 2012 à 2015. En cette qualité, avez-vous demandé à ce que soient vérifiées la qualité et la quantité des stocks de masques ?

Enfin, vous estimez que le confinement nous a été imposé par la pénurie de masques. Je rappelle que le premier producteur mondial de masques est la Chine, dont je crois savoir qu'elle a massivement confiné.

En France, à l'époque où vous étiez au ministère, l'État avait signé un contrat de fourniture avec un fabricant de masques de Plaintel, qui produisait en 2010 jusqu'à 200 millions de masques par an. Cette même année, l'entreprise a été rachetée par le groupe américain Honeywell, et l'État a interrompu ses commandes, contrairement aux engagements pris dans l'article 11 du protocole d'accord. On a parlé alors de faillite collective. Cela m'amène à vous demander quelle est votre conception de la souveraineté nationale dans ce domaine.

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