Intervention de Hervé Bouaziz

Réunion du mardi 28 juillet 2020 à 11h00
Mission d'information sur l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-covid 19 en france

Hervé Bouaziz, président et de la Société française d'anesthésie et de réanimation :

Du fait du niveau des stocks de médicaments, nous avons établi un partage des priorités entre services de réanimation et blocs opératoires, qui utilisent les mêmes produits, car rien n'avait été prévu en cas de situation de pénurie. Une utilisation parcimonieuse des molécules en tension a été préconisée dans des documents signés par la SRLF, la SFAR, la Société française d'étude et de traitement de la douleur (SFETD) et la Société française de pharmacie clinique (SFPC).

La situation de pénurie chronique remonte toutefois à très longtemps. L'une des raisons tient au fait que la France n'est pas la première servie lorsqu'il y a pénurie à l'échelle mondiale en raison du coût peu élevé des médicaments dans notre pays.

Au début de la crise, les discussions ont été difficiles avec l'ANSM, qui fonctionne en silos : chaque médicament dépend d'un bureau, et il n'y a pas de communication entre eux. Ce fonctionnement a heureusement été amélioré, et il ne faudra surtout pas revenir dessus, car il est très important de disposer d'un interlocuteur unique pour l'ensemble des produits en tension utilisés en réanimation ou dans les blocs opératoires.

Je ne voudrais pas que vous quittiez cette salle en pensant que le manque de propofol a été l'unique frein à la reprise de l'activité programmée, car l'explication est plurifactorielle. Les dispositifs médicaux étaient eux-mêmes en tension, et certains groupes de cliniques, comptant sur la compensation du Gouvernement, ont préféré continuer de réduire leur activité, même si les médecins libéraux y exerçant souhaitaient reprendre.

Les médicaments halogénés, que nous pensions proposer comme substitutifs en réanimation et en bloc opératoire, sont à leur tour en tension. Il faut donc réaliser une veille permanente des médicaments utilisés de part et d'autre pour ne pas être à nouveau confronté à une pénurie. Par précaution, nous avons par exemple commandé du gamma‑OH, que nous n'utiliserons qu'en dernier recours.

Il faut bien avoir à l'esprit que le contexte était particulier, et qu'on avait peu de temps pour réfléchir. Il ne faut pas jeter la pierre à ceux qui ont pris les décisions.

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