Intervention de Emmanuel Maquet

Réunion du mercredi 25 novembre 2020 à 9h30
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaEmmanuel Maquet :

Depuis le début de cette législature, nous avons essayé à de nombreuses reprises de provoquer un débat sur l'éolien en France, lors de l'examen du projet de loi pour un État au service d'une société de confiance, déposé en 2017, ou plus récemment à l'occasion du projet de loi d'accélération et de simplification de l'action publique. Par les nombreux amendements qu'ils ont déposés et leurs interventions en commission et en séance publique, les députés du groupe Les Républicains n'ont pas cessé de dénoncer les conséquences pour l'environnement, les atteintes à la concertation publique qui ont lieu et l'aberration financière de ces machines. Le Gouvernement n'a jamais pris en considération nos demandes. Je suis très heureux que notre niche parlementaire nous donne l'occasion d'aborder enfin ce sujet.

Depuis les décisions prises, il y a vingt-cinq ans, par M. Yves Cochet lorsqu'il était ministre de l'environnement, notre beau pays est livré aux spéculateurs du vent. Ces investisseurs sont intéressés par la garantie de vingt ans offerte par l'État : avec l'éolien, ils sont à l'abri des retournements des marchés financiers et ils bénéficient d'une véritable rente. Ce n'est pas un hasard si 80 % des mâts des éoliennes terrestres sont la propriété de fonds de pension.

Cette proposition de loi est l'occasion de dénoncer le scandale de l'éolien dans notre pays sur le plan écologique – les éoliennes ne répondent pas aux exigences qu'elles prétendent incarner, car elles ne contribuent absolument pas à la baisse des émissions de gaz à effet de serre –, sur le plan sanitaire et de la biodiversité – les éoliennes ont un impact très fort sur la faune, la flore et les populations – et enfin sur le plan financier – cette électricité subventionnée est une catastrophe que l'on peut difficilement comprendre compte tenu des points précédents. Les soutiens directs à l'éolien sont compris entre 73 et 90 milliards d'euros, dont 54 milliards déjà dépensés ou engagés et entre 18 et 36 milliards à venir pour atteindre les objectifs fixés par la PPE, qui supposeraient de porter le nombre des éoliennes terrestres d'environ 8 000 à 15 500 en 2028. Le visage de l'éolien, au-delà de ses prétendues vertus écologiques, est largement entaché. Nous avons encore la possibilité d'économiser une partie de tout cet argent. Il est nécessaire de mettre fin à une imposture qui sert à financer des bénéfices privés avec de l'argent public.

Deux réponses ont été proposées par la commission d'enquête citée par le rapporteur. Il faut, tout d'abord, supprimer les subventions pour l'éolien, comme le fait l'Allemagne : aider une filière qui dit elle-même être parvenue à maturité n'a plus aucun sens. On doit ensuite raisonner son développement. Lors de la COP24 (conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques), la Pologne a décidé d'arrêter cette filière et d'adopter un plan de désinstallation des éoliennes existantes d'ici à 2040, et la Norvège vient de mettre un terme à son plan national d'installation. Au niveau européen, on observe une réduction de 30 % du nombre d'éoliennes installées. En Allemagne, la baisse est de 82 %. Au niveau mondial, la baisse a été de 20 % au cours des trois dernières années : il existe une prise de conscience internationale. La France doit suivre ce mouvement. Il serait dommage qu'elle soit une terre d'accueil pour des commerciaux de l'éolien qui, voyant qu'ils n'ont plus de marché dans d'autres pays, se précipitent chez nous avec leurs méthodes de lobbying contestables. Raisonner le développement de l'éolien implique, pour commencer, de ne plus installer des éoliennes à proximité des habitations et de respecter enfin l'avis des élus locaux directement concernés par les projets.

Cette proposition de loi est une première étape. Il faut répondre aux attentes de nos concitoyens : ils n'en peuvent plus de l'installation de ces aérogénérateurs qui défigurent notre beau pays et ne sont en aucun cas une solution si on veut une véritable transition écologique.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.