Intervention de Jean-Christophe Niel

Réunion du mercredi 7 avril 2021 à 9h30
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Jean-Christophe Niel, directeur général de l'IRSN :

Les exigences de sûreté formulées par l'ASN pour la prolongation au-delà du seuil de 40 ans s'expliquent par deux raisons. La première est que certains des composants des centrales ont été conçus pour quarante années d'exploitation. Il est donc normal de s'interroger spécifiquement sur ces derniers. La seconde est qu'avec la mise en service de l'EPR, deux générations de réacteurs cohabiteront dans le parc français, avec quarante ans de différence d'âge ; d'où l'importance d'améliorer de manière significative la sûreté des réacteurs les plus anciens afin qu'il n'y ait pas d'écart entre elles.

La médecine est un champ important de l'activité de l'IRSN. Nous fournissons des expertises très diverses à la demande des agences régionales de santé (ARS) ou du ministère de la santé, allant de la dose reçue lors d'une radiographie par une femme ignorant qu'elle est enceinte à une analyse sur les doses délivrées par le parc de scanners en service, afin d'étudier s'il convient d'accélérer son remplacement.

En matière médicale, les axes de recherche s'organisent autour de deux thèmes : d'une part les fortes doses et l'impact des sur-irradiations, parfois d'origine médicale – nous avons signé un accord récemment sur ce sujet avec l'institut Gustave-Roussy –, d'autre part les faibles doses et leurs effets chroniques – l'exposome. Nous travaillons également sur la surveillance des patients, en établissant de manière régulière un rapport sur l'exposition radiologique de la population française liée aux examens d'imagerie médicale diagnostique.

Des travaux de recherche sont en cours sur le refroidissement des centrales nucléaires. Il s'agit d'un sujet majeur, puisque la perte de refroidissement peut aboutir à un accident grave. Tout un champ de notre recherche est consacré aux accidents graves. Après celui de Fukushima, nous avons engagé, grâce à un financement de l'ANR, des études sur le refroidissement des piscines d'entreposage de combustible – thème probablement insuffisamment traité auparavant.

En matière de recherche, nous menons aussi des travaux sur le combustible, sur le risque d'incendie et sur le vieillissement des matériaux. Dans le domaine de la radioprotection, nos travaux portent sur les faibles doses chroniques et sur les fortes doses, notamment en cas d'accident de radiothérapie. L'IRSN joue un rôle moteur avec l'hôpital Percy dans le développement de thérapies par injection de cellules-souches pour soigner les victimes de sur-irradiation.

La recherche représente 40 % du budget de l'IRSN ; il emploie en permanence une centaine de doctorants et post-doctorants : c'est un élément essentiel, une force de frappe en contact étroit avec le milieu académique.

L'amélioration du dialogue avec la société est l'un des axes stratégiques figurant dans le COP. Un comité de dialogue avec les parties prenantes est en cours de création. Nous avons également pour projet d'élargir le champ des organismes et des personnes avec lesquels nous échangeons.

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