Intervention de Thierry Benoit

Réunion du mercredi 23 septembre 2020 à 15h00
Commission des affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaThierry Benoit :

Pour tout vous dire, je suis très partagé, et inquiet. Je me souviens des débats de 2016 comme si c'était hier : je m'étais abstenu sur le texte défendu par Barbara Pompili, considérant qu'il fallait laisser passer l'interdiction des néonicotinoïdes. Il est vrai que l'interpellation des apiculteurs m'avait convaincu de la gravité de la situation.

Aujourd'hui, la seule chose qui me rassure est de vous savoir ministre de l'agriculture, monsieur le ministre – en tant qu'ingénieur agronome, vous pourrez nous aider à faire preuve de discernement –, et la seule chose dont je sois certain, c'est que trois ans, c'est beaucoup trop.

Jacques Chirac, à qui nous avons rendu hommage ce matin dans l'hémicycle, avait coutume de dire lorsqu'il se déplaçait dans les territoires : « c'est loin, mais c'est beau ! ». Je le paraphraserai en disant : « trois ans, c'est bien, mais c'est loin ! ». Le groupe UDI et Indépendants souhaite que la durée de cette dérogation – justifiée par la situation très préoccupante de la filière betteravière – soit réduite à un an. La France doit avoir la maturité politique pour évaluer chaque année la situation et débattre à nouveau de la question. Lorsque l'on parle de transition, il ne devrait pas y avoir de date butoir. Comme pour le glyphosate, nous devons être capables d'évaluer les évolutions de manière régulière. Par ailleurs, il faut mettre en place une stratégie au niveau européen – sans quoi on ne s'en sortira pas.

Je rebondis sur la proposition de Dominique Potier : nous devons travailler avec l'INRAE et les chambres d'agriculture pour activer le plan Écophyto et construire une stratégie, puisqu'il s'agit de crédits territorialisés, dépendant de la région et du type de productions.

Enfin, alors que la filière sucrière était jusqu'à une période récente plutôt dynamique et excédentaire, la filière apicole se porte mal : nous importons des miels de Roumanie et d'Europe de l'Est, qui n'ont de miel que le nom. J'aimerais que nous puissions présenter aux apiculteurs une stratégie de lutte contre le frelon asiatique et le varroa, ainsi qu'un plan de redynamisation et de revivification de la filière.

À ce stade, il faut que la dérogation soit limitée à un an, et qu'il soit prévu d'interdire, deux ans après les cultures de betterave, de planter des plantes mellifères. En effet, nous sommes tous circonspects, ou interrogatifs, sur la rémanence du produit dans les cultures futures.

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