Intervention de Maurice Leroy

Réunion du jeudi 8 juillet 2021 à 9h00
Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMaurice Leroy, vice‑président de la CNE2 :

. ‑ Nous avons insisté sur la séparation, qui revient dans l'ensemble des étapes qui nous intéressent. Pour le moment, elle est réalisée de façon industrielle et maîtrisée avec le procédé Purex à La Hague. En revanche, ce procédé ne serait plus adapté à de futurs combustibles contenant du plutonium en quantité relativement importante. Le procédé chimique de retraitement doit par conséquent être modifié. Le CEA a anticipé cette situation. Des expériences ont été menées en laboratoire, mais la faisabilité industrielle d'un nouveau procédé n'est pas établie pour le moment. Or, le projet de multi‑recyclage en réacteurs à eau pressurisée implique de retraiter des combustibles MOX contenant plus de plutonium, donc d'adapter le procédé.

Par ailleurs, la transmutation des actinides mineurs nécessite de les séparer au préalable. Nous savons que l'américium présenterait un intérêt au regard de la transmutation. Son effet thermique augmente en effet l'emprise des déchets dans le stockage géologique. La difficulté vient de la nécessité de disposer de neutrons rapides, qui ne sont pas disponibles actuellement dans l'espace européen.

Nous avons beaucoup discuté du multi‑recyclage car nous ne parvenons pas à clarifier la stratégie sous‑jacente. La stratégie actuelle est fondée sur l'utilisation de combustibles à l'oxyde d' uranium et de combustibles à l'oxyde d' uranium mélangé à l'oxyde de plutonium, utilisés dans des réacteurs de 900 MWe et demain de 1 300 MWe.

Le multi‑recyclage s'adresserait quant à lui à des EPR de deuxième génération envisagés à l'horizon 2050, qui succéderaient à l'EPR de Flamanville et à 6 autres EPR éventuels de première génération. Cette situation nécessite une clarification.

Par ailleurs, le multi‑recyclage implique d'effectuer une série de retraitements de combustibles MOX riches en plutonium. Le MOX issu du premier cycle doit être retraité, opération qui n'est pas assurée d'une façon industrielle aujourd'hui à La Hague, puis le MOX issu du deuxième cycle à la composition différente, etc. Nous ne disons pas que c'est irréalisable, mais nous cherchons une progression logique qui permettrait de prévoir les besoins en termes d'installations et de cerveaux pour les faire fonctionner.

Enfin, l'augmentation de la quantité d'actinides mineurs résultant du multi-recyclage en réacteurs à eau pressurisée n'est pas le point le plus fondamental : soit les MOX usés ne sont pas retraités, soit ils le sont, ce qui permet de séparer l' uranium et le plutonium, ainsi que de vitrifier les produits de fission et les actinides mineurs. Seule la seconde option ne remet pas complétement en cause la démarche suivie aujourd'hui pour le stockage, malgré une légère croissance de l'inventaire global en actinides mineurs.

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