Concernant les différences culturelles, j'ai souligné en introduction que l'humanité s'est intuitivement appuyée sur la nature. Évidemment, lorsqu'on est défavorisé sur tel ou tel plan, on cherche des solutions pour aller de l'avant. On peut donc considérer que cette différence culturelle a amené l'Allemagne à progresser dans le biomimétisme, sans que cela écarte toute contradiction sur le plan industriel puisqu'elle exploite toujours le charbon, tout en arrêtant le nucléaire civil. Il existe, bien sûr, une différence comportementale entre les deux pays, mais elle se situe probablement beaucoup plus au niveau des citoyens qu'au plan politique.
À mon sens, le biomimétisme s'est plus développé en Allemagne parce qu'un réseau s'est organisé entre les chercheurs et les entreprises. Au niveau politique, il y a aussi eu un accompagnement spécifique des projets par le ministère de la recherche, ce qui a facilité leur émergence. En France, nous finançons beaucoup tout ce qui relève de l'innovation, sans chercher à savoir de quel type d'innovation il s'agit. Puisque nous voulons inciter les entreprises à aller dans le sens de solutions écologiques, au travers de lois ajoutant à chaque fois de nouvelles contraintes, pourquoi ne pas accompagner tout simplement celles qui s'inspirent des solutions issues de la nature et adhèrent à cette éthique de durabilité et de résilience propre à la biodiversité ?
Sur la question européenne, des travaux interdisciplinaires existent entre chercheurs allemands et chercheurs d'autres nationalités, comme cela est habituel dans le monde de la recherche. Un chercheur d'origine française que nous avons auditionné travaille d'ailleurs à présent dans un laboratoire allemand. Mais à ce stade, il n'y a pas vraiment d'initiative européenne, d'où ma proposition de susciter une initiative commune, en écrivant une lettre ouverte ou une tribune cosignée par les membres de l'OPECST, d'autres parlementaires, des scientifiques, etc. Ces derniers étaient prêts à appuyer une telle démarche, afin que le sujet du biomimétisme soit porté au niveau européen. Monsieur le président, je ne sais pas ce que vous pensez de cette idée, mais elle pourrait créer un trait d'union entre la France et l'Allemagne sur ce sujet.