Intervention de Amiral Christophe Prazuck

Réunion du mardi 24 juillet 2018 à 14h00
Mission d'information relative à la prochaine génération de missiles anti-navires

Amiral Christophe Prazuck, chef d'état-major de la marine :

Notre objectif est d'être en mesure de traverser les défenses de l'adversaire. Pour ce faire, certains disent que la meilleure solution est d'être furtifs tandis que d'autres soutiennent qu'il faut privilégier la vitesse car un missile furtif peut toujours être repéré. Néanmoins, nous partageons tous le même objectif : traverser les défenses de l'adversaire. Alors, quel adversaire ?

Premier scénario : l'adversaire se trouve à terre, et l'on souhaite atteindre des usines chimiques installées très loin à l'intérieur des terres. Ces usines peuvent être défendues par des systèmes anti-missiles de très longue portée, puis de moyenne et de courte portées. Pour atteindre ces cibles, vous pouvez commencer par employer des armes dites SEAD (suppression of enemy air defence) afin de détruire les systèmes radars avant de pénétrer dans le chemin ainsi ouvert jusqu'à la cible finale. Pour résumer : on commence par détruire les radars puis, grâce à des missiles furtifs, à des missiles volants extrêmement bas ou à des missiles très rapides, on atteint la cible finale.

Deuxième scénario : la lutte en haute mer, que l'on a totalement perdue de vue depuis la fin de la Guerre froide. Pendant la Guerre froide en effet, chacun s'attendait au déclenchement d'une troisième bataille de l'Atlantique, au cours de laquelle l'URSS empêcherait la marine américaine de naviguer vers l'Europe. Un tel scénario redevient plausible au regard des efforts intenses de certains pays émergents pour se doter d'une marine qui puisse concurrencer les marines européennes ou américaines. Dans un tel contexte, il faudra disposer d'armes capables de neutraliser les bâtiments adverses.

Enfin il existe un troisième scénario, que je qualifierais de mixte. Imaginons une flotte déployée au large d'une côte, suffisamment éloignée pour ne pas être sous la menace de missiles lancés depuis la terre. Le pays concerné enverra alors des petits bateaux équipés de missiles anti-navires afin de frapper au large. Dans ce cas, il faudra être en mesure de se défendre en détruisant ces petits navires.

Tels sont les deux scénarios principaux et le scénario mixte que j'imagine.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.