Intervention de Pierre Burban

Réunion du mardi 16 mars 2021 à 18h00
Commission des affaires sociales

Pierre Burban, secrétaire général de l'Union des entreprises de proximité (U2P) :

Je partage intégralement les propos tenus par MM. Mongon et Chevée. L'U2P est une organisation qui représente des entreprises évoluant dans les secteurs de l'artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales. Cela signifie que la très grande majorité de ces entreprises ne peut pas fonctionner en télétravail. Nous n'avons pas encore trouvé de solution qui permette de couper les cheveux ou vendre le pain à distance.

Ceci posé, le télétravail est possible pour certaines des professions que nous représentons, telles que les professions du droit ou du chiffre. Cependant, de nombreuses activités nécessitent également des relations humaines. Les outils, et y compris les outils de visioconférence, ne sont pas toujours parfaits et ce constat complexifie le télétravail.

Par ailleurs, la première phase de confinement, qui a démarré le 17 mars 2020, répondait au message principal du Chef de l'État, nous imposant de rester chez nous. Cette injonction a concerné également des activités d'extérieur telles que les professions du bâtiment, dont 80 % de l'activité a été arrêtée à ce moment-là. Cette situation a donné l'illusion d'un télétravail généralisé. Cependant, certains postes ne livrant pas d'accès au télétravail, les entreprises ont développé une forme de solidarité de sorte à éviter l'activité partielle à leurs salariés. Dès lors, les chiffres du télétravail qui nous ont été communiqués sont plus importants qu'ils ne l'étaient en la réalité.

L'ANI que nous avons collectivement signé, le 26 novembre 2020, tient compte de la situation des petites et très petites entreprises. Nous le considérions davantage comme une sorte de mode d'emploi, un document qui rassemble l'ensemble de la réglementation applicable et qui soit utilisable par les plus petites entreprises.

Les conséquences du télétravail sur l'activité économique sont rarement évoquées. De nombreuses entreprises situées dans les zones de bureaux – boulangers, bouchers, charcutiers – pourraient aujourd'hui fonctionner normalement. Les zones de bureaux ayant été désertifiées par le télétravail, l'activité de ces entreprises est non seulement très impactée, mais également très peu concernée par les dispositifs d'aide aux entreprises. Or le phénomène a été extrêmement brutal, notamment lors de la première phase de confinement. Cet arrêt soudain de nombreuses activités et la mise en œuvre du télétravail ont généré, dans certaines zones, des conséquences non négligeables que nous constatons au fil des mois. Dans le quartier de La Défense, mais également dans l'Ouest parisien, où sont situés de nombreux sièges sociaux, certaines entreprises sont en grande difficulté et elles n'étaient pas préparées à de telles évolutions.

Nous disposons de l'arsenal juridique nécessaire à l'encadrement du télétravail et il ne s'agit pas de rajouter des lois et des règlements parce que la question du télétravail concerne la spécificité de chaque entreprise. À activité identique, le fonctionnement de chaque entreprise lui est propre. Chaque entreprise identifiera des solutions qui satisfassent non seulement le chef d'entreprise, mais également les salariés.

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