Intervention de Alexis Corbière

Réunion du mardi 21 septembre 2021 à 21h20
Commission des affaires sociales

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAlexis Corbière :

Madame la ministre, d'où tenez-vous ce chiffre de 80 % ? Ni vous ni Mme la rapporteure n'êtes capables de me dire d'où vous le tenez ; donc il n'existe pas, c'est un effet rhétorique. Vous retournez les choses en prétendant définir un cadre pour que les travailleurs fassent entendre leurs voix. Vous avez répété que c'est le dialogue social qui a écrit le droit social dans ce pays et qu'il faut donc laisser les salariés se mettre d'accord avec les employeurs. C'est faux ! C'est la loi qui, le plus souvent, a dû s'imposer contre l'avis des employeurs, parce que le dialogue social est bien souvent très défavorable aux salariés sur le terrain.

Et quand bien même 80 % des travailleurs souhaiteraient être précarisés, je ne suis pas d'accord avec le fait qu'une société comptant plusieurs millions de chômeurs ne laisse d'autre choix que l'absence d'emploi ou un emploi totalement précarisé. Nous, législateurs, devons avoir un point de vue sur cette question : nous ne devons pas nous contenter d'être le relais de la dislocation de notre droit social. La situation des travailleurs concernés n'est pas la seule à être problématique : cela pèse sur l'ensemble du droit social, sur l'ensemble des travailleurs. Dans ma circonscription, à Montreuil, se développent les dark kitchens, ces restaurants qui ne sont que des cuisines devant lesquelles des jeunes gens attendent sur des mobylettes de livrer un repas. Cela pèse énormément sur les autres restaurateurs de la ville et du département, et cela détruit des emplois. Il ne s'agit donc pas seulement de laisser les travailleurs se mettre d'accord avec leurs employeurs et de voir ce qui en sortira, en créant seulement un cadre de dialogue : comme législateurs, nous devons exprimer l'intérêt général. C'est là où réside notre désaccord.

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