S'agissant de la diplomatie numérique à l'échelle européenne, je resterais relativement mesuré. Bien que relevant des prérogatives du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), ces compétences s'exercent encore aujourd'hui selon une logique géographique. En outre, ce paramètre numérique est scindé entre les différentes compétences des commissaires. Le commissaire au marché intérieur a son mot à dire sur certains aspects de diplomatie numérique, ce dont il ne se prive pas, comme en témoignent, depuis le mois de décembre, les différentes stratégies et déclarations formulées en matière de souveraineté et de réponse, vis-à-vis des États-Unis ou de la Chine. Néanmoins, le commissaire à l'innovation et le commissaire à la concurrence – bien évidemment – jouissent également de prérogatives en matière de diplomatie numérique.
Dans une logique plus diplomatique, les États membres européens conservent évidemment leurs compétences. Je relativiserai donc toute réalité ou toute consistance d'une diplomatie du numérique européenne, qui ne « fait pas le poids », pour l'instant, face aux deux acteurs américain et chinois prenant en étau l'Union européenne. Ce champ relève encore aujourd'hui des politiques nationales, avec des niveaux de maturité sans doute différents entre États européens.