Intervention de Valérie Masson-Delmotte

Réunion du jeudi 23 septembre 2021 à 9h30
Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques

Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe de travail n° 1 du GIEC :

‑ C'est une vision très partielle qui repose sur l'idée que le climat devrait réagir sans délai à l'augmentation du niveau de CO2 dans l'atmosphère. Les activités humaines ont émis dans l'atmosphère du dioxyde de carbone, d'autres gaz à effet de serre, des particules de pollution – beaucoup d'ailleurs dans l'après-guerre, c'est entre les années 1950 et les années 1980 que l'on en a émis le plus, essentiellement en Europe du Nord et en Amérique du Nord. Cependant l'effet du CO2 sur le climat ne dépend pas de façon linéaire de la concentration, il est plutôt proportionnel au logarithme de cette concentration en CO2. C'est pour cette raison que, quand on travaille sur le lien entre l'influence humaine et le climat, on ne regarde pas des corrélations de courbes mais on traduit chaque facteur en ce qu'on appelle un forçage radiatif, c'est-à-dire une perturbation du bilan de l'énergie de la Terre au sommet de l'atmosphère. Cette méthode montre que le forçage radiatif a connu un palier dans les décennies qui ont suivi l'après-guerre, notamment du fait des émissions de particules de pollution qui ont masqué l'effet réchauffant lié à l'accumulation de gaz à effet de serre. Le rapport souligne que les émissions de particules de pollution dans les années 1950 à 1980 ont contribué à réduire l'intensité des pluies de mousson au Sahel. Il y a donc des effets contrastés entre les particules de pollution et les gaz à effet de serre : les premières ont tendance à affaiblir localement les systèmes de mousson, les seconds à les intensifier. Notre compréhension du rôle de chaque facteur dans l'évolution du climat s'est affinée, en particulier pour les particules de pollution.

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