Intervention de François Ruffin

Séance en hémicycle du mercredi 7 juillet 2021 à 21h30
Protection des enfants — Après l'article 3

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois Ruffin :

Je serai clair : nos sous-amendements ont été déposés pour avoir du temps de parole sur l'amendement du Gouvernement qui nous paraît important, et parce que d'autres sous-amendements, beaucoup plus essentiels et sur lesquels nous reviendrons ultérieurement, ont été jugés irrecevables car aggravant une charge publique.

Monsieur le secrétaire d'État, mon objectif ce soir est que nous sortions tous d'ici fiers de ce que nous aurons fait ensemble et que, sur ce point, nous parvenions à un vote consensuel, voire unanime – je ne sais pas comment se situeront nos collègues de droite mais, pour notre part, nous y sommes prêts.

Il y a néanmoins dans votre amendement une absence, un trou qui me paraît très important. De fait, quand on interroge les jeunes, ils disent qu'ils en ont marre du psychologue, de l'éducateur, de l'assistante sociale, du référent et du juge. À 18 ans, ils ont envie de tout envoyer péter. C'est un moment de révolte où s'exprime un désir de sortir du système, avec un S majuscule. Trois mois plus tard, ces jeunes se retrouvent à poil et cherchent une issue. Ils aimeraient bien pouvoir, éventuellement, réintégrer le contrat jeune majeur ou d'autres droits, mais l'ASE leur répond que, puisqu'ils en sont sortis, ce n'est plus son problème.

J'en donnerai un exemple – et cette prise de parole vaudra pour plusieurs sous-amendements, monsieur le président : une fille qui se trouvait dans une famille d'accueil et à qui sa mère, avec qui elle était restée en contact, a proposé, puisqu'elle a atteint l'âge de 18 ans, de revenir chez elle, y revient. La mère vide le compte en banque de sa fille des quelques économies qu'elle avait mises de côté et, trois mois plus tard, la met dehors. La fille cherche alors à revenir dans la famille d'accueil, mais ce n'est pas possible : elle est en pleurs et – pardon de le dire crûment – termine en faisant des passes à l'hôtel. Voilà ce qu'il s'agit d'éviter.

Nous demandons donc que l'amendement fasse clairement état d'un droit opposable à tout moment de bénéficier du contrat jeune majeur ou de la garantie jeunes.

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