On est tous, ici, dans le dernier décile, moi y compris !
Que se passe-t-il quand on laisse jouer la seule solidarité familiale ? Les plus pauvres, ceux dont le revenu se situe dans le premier décile, malgré un taux d'effort supérieur – ils consacrent 13 % de leurs revenus à leurs enfants, ce qui est énorme – ne parviennent à donner à leur progéniture qu'une centaine d'euros par mois. Les plus riches, eux, alors qu'ils fournissent un effort moindre – son taux n'est que de 8 % –, peuvent accorder 600 à 700 euros par mois à leurs enfants, parce qu'ils disposent de ressources beaucoup plus importantes, permettant à ceux-ci de payer un loyer et de décohabiter, avec l'appoint des APL.
Pourtant, pour les plus riches, personne ne parle d'« assistanat », ou de « becquée ». Tous ici, vous trouvez qu'il est louable ou normal d'aider vos propres enfants. Et moi aussi, je compte aider les miens, pour qu'ils puissent poursuivre leurs études, se former, s'épanouir dans la vie, en sachant bien que l'on ne m'accusera à aucun moment de favoriser l'assistanat. Quand il s'agit d'octroyer la même aide aux familles modestes de notre pays, en revanche, c'est le cas !
Non ! Il faut permettre à chacun de s'émanciper, donner à chacun un socle sur lequel s'appuyer, pour se diriger dans la vie. Or cela, vous le refusez, en ne permettant pas une solidarité sociale, nationale, à côté de la solidarité familiale.