Intervention de Mathilde Panot

Séance en hémicycle du mardi 25 mai 2021 à 15h00
Questions au gouvernement — Lutte contre la pauvreté

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMathilde Panot :

C'est une alerte. La pauvreté explose et vous n'avez pas le droit de détourner les yeux. Laetitia, qui vit seule avec ses quatre enfants, ne sait plus comment les nourrir, dès le 10 du mois. Quatre appels manqués : ils ont été passés par le propriétaire du logement d'Ahmed, qui n'a plus d'emploi depuis mars 2020. Cet été, il souhaitait emmener ses enfants dans le Sud, mais depuis qu'il sait qu'ils vont être expulsés, il n'arrive plus à penser à autre chose. « Puis-je passer demain midi ? » demande le voisin de Lucas. Lucas aimait déjeuner avec son voisin du CROUS avant de réviser ses partiels, mais cette fois, il hésite, parce que son frigo est vide.

Ahmed, Lucas, Laetitia et tant d'autres : regardez-les, entendez-les ! Ces femmes et ces hommes ont la boule au ventre, ils ont honte, ils vivent dans l'angoisse permanente. Oui, les 10 millions de femmes et d'hommes qui vivent sous le seuil de pauvreté à cause de votre politique ont des visages, des goûts, des désirs. La moitié d'entre eux a moins de 30 ans et la vie devant soi. Ce n'est pas parce que vous ne les connaissez pas qu'ils n'existent pas.

Vous leur préparez aujourd'hui un agenda de la honte. Le 31 mai 2021, les expulsions locatives reprendront et vous jetterez des dizaines de milliers de familles à la rue. Puis, le 1er juillet 2021, la réforme de l'assurance chômage entrera en vigueur et vous condamnerez à la mort sociale plus d'1 million de personnes privées d'emploi. Il y a un autre agenda, celui des indécents et des cupides. Hier, nous apprenions que Bernard Arnault était l'homme le plus riche du monde. Il y a un mois, nous découvrions les chiffres mirobolants des 51 milliards d'euros de dividendes versés aux actionnaires. Votre guerre sociale doit cesser. Déjà 300 000 emplois ont été détruits ; le Secours populaire déclare être venu en aide à plus d'1 million de personnes, soit 45 % de plus que l'année précédente. Ces chiffres seuls devraient vous tordre le ventre.

La crise sociale ne fait que commencer. La pauvreté et la détresse disloquent notre pays. Renoncez à votre réforme de l'assurance chômage, prolongez la trêve hivernale ! Monsieur le Premier ministre, quand libérerez-vous nos compatriotes des chaînes de la pauvreté ?

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.