Pour tous ceux-là, la vie continue – ou pas.
Chaque année, on recense malheureusement des milliers d'accidents du travail en France. Selon le secrétaire général de la CGT-construction Bruno Bothua, chaque jour travaillé, un ouvrier du bâtiment décède d'un accident du travail ; toutes les cinq minutes survient un accident grave, qui peut entraîner un handicap à vie. Ce sont des statistiques officielles, où ne sont pas intégrés, notamment, les cas des travailleurs détachés. Il faut parfois deux à trois ans pour que soit reconnu un accident du travail. Pendant ce laps de temps, aucun accompagnement n'est proposé aux familles.
Le pire dans tout cela, c'est la fatalité, qui mène à une certaine normalité. Jamais ne sont interrogées les causes profondes qui conduisent à ces drames. Je veux parler de l'obsession de la rentabilité et du profit, qui pousse aux cadences infernales, aux pressions des hiérarchies ou d'ailleurs, aux mesures de sécurité allégées, aux conditions de travail dégradées.