Intervention de Christophe Naegelen

Séance en hémicycle du mercredi 16 juin 2021 à 15h00
Règlement du budget et approbation des comptes de l'année 2020 — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaChristophe Naegelen :

Le budget pour 2020 de notre pays a modifié significativement la trajectoire de nos finances publiques, avec une dette publique qui s'établit désormais à 117,2 % du PIB. Il n'y a pas d'argent magique : le « quoi qu'il en coûte » a beau être de mise depuis près d'un an au sommet de l'État, la question du remboursement de la dette redevient urgente à mesure que se rapproche l'espoir d'une sortie de crise. En septembre 2020, le stock de la dette publique dépassait 2 600 milliards alors qu'après la crise de 2009, il avait à peine atteint 1 250 milliards, soit deux fois moins.

Face au covid-19, l'État a mobilisé des moyens inédits afin de prévenir tout effondrement de notre tissu économique et social – et nous soutenons les dispositifs d'urgence qui ont été appliqués –, mais alors que nous nous projetons vers une sortie de la crise, il est temps de penser à l'addition. Au-delà des milliards d'euros qu'a coûtés la pandémie à notre économie, les Français s'inquiètent légitimement du poids que représente pour les générations futures une dette qui ne cesse de s'alourdir. Nous assistons à une dégradation inquiétante de nos finances publiques et nous sommes convaincus que la question de la dette sera l'un des enjeux majeurs auxquels nous serons confrontés dans les prochaines années, pour ne pas dire dans les prochains mois.

Nous ne cessons de le répéter, nous nous interrogeons sur la stratégie de désendettement proposée par le Gouvernement, au-delà de l'instauration de la commission Arthuis sur l'avenir des finances publiques. La promesse d'une non-augmentation des impôts pourra-t-elle être tenue ? Quand sera enfin présenté un véritable plan stratégique de réduction de la dépense publique passant par une chasse au gaspillage et à la bureaucratie ?

Notre groupe est convaincu que la thématique de la dette sera un enjeu majeur de la prochaine élection présidentielle, et juge mensonger de dire qu'il n'y aura pas d'augmentation d'impôts pour payer la crise du covid. Je le répète, nous demandons au Gouvernement un plan de réduction de la dépense publique.

Notre groupe a malgré tout soutenu la prolongation jusqu'à l'été 2021 des dispositifs d'accompagnement en votant les quatre collectifs budgétaires pour 2020 ainsi que le nouveau PLFR pour 2021. C'est en effet une démarche vitale pour stimuler et redresser l'activité dans un pays aujourd'hui en récession. C'est justement parce que nous avons voté ces mesures d'urgence qu'en responsabilité, nous voterons le projet de loi de règlement.

Enfin, la situation financière de la France obligera à faire des arbitrages indispensables pour assurer le maintien d'une trajectoire de redressement. Un débat fondamental portera sur l'efficience de la dépense publique, sur le rapport entre son coût et sa capacité à atteindre les objectifs fixés.

Ma grand-mère, simple ouvrière textile, n'ayant que 783 euros de retraite par mois, me disait toujours : « Gérer, c'est pas compliqué : il suffit de dépenser moins que tu ne gagnes ». Je suis sincèrement convaincu que nous pouvons nous donner les moyens d'atteindre ces objectifs, notamment en accélérant la décentralisation pour simplifier notre appareil administratif.

Pour l'heure, quelles solutions reste-t-il ? Celle d'une optimisation du fonctionnement de l'État ? Qu'en est-il aujourd'hui, monsieur le ministre, du chantier du Comité Action Publique 2022 (CAP 22) ouvert au début du quinquennat ? Il semble se heurter à la difficulté de dessiner les contours d'une nouvelle organisation des services publics à même de réduire la dépense publique.

Mais soyons optimistes et voyons dans cette difficulté une occasion de lancer des réformes structurelles susceptibles non seulement de compenser les pertes liées à la crise sanitaire, mais aussi de rendre nos politiques publiques plus efficientes dans les années à venir. Cela nous permettra d'anticiper les enjeux de la transition écologique, du numérique, de la recherche, de l'éducation et de la formation professionnelle. Dépassons-nous et engageons de réelles réformes structurelles pour accroître la visibilité budgétaire en pensant toujours aux générations futures.

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