Intervention de Jean-Paul Dufrègne

Séance en hémicycle du mercredi 16 juin 2021 à 15h00
Règlement du budget et approbation des comptes de l'année 2020 — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Paul Dufrègne :

Plus sérieusement, comme chaque année, nous sommes amenés à examiner et à nous prononcer sur le règlement du budget et l'approbation des comptes. Vendredi dernier, nous avons achevé l'examen du projet de loi de finances rectificative, hier nous participions à un débat sur le Printemps de l'évaluation et, immédiatement après le vote du présent texte, nous débattrons des mesures de relance. Le mois de juin est donc une période de réflexion au cours de laquelle nous discutons finances et portons un regard critique sur les différentes actions qui ont pu être, ou non, menées.

Aujourd'hui, nous vérifions l'exécution d'un budget voté avant la crise de la covid-19 et dont les tenants et aboutissants étaient totalement déconnectés de la réalité, qui a nécessité l'examen de quatre PLFR. Avons-nous pour autant entendu et compris ce que les Français attendaient de nous ? Avez-vous été à la hauteur ? Vendredi soir, mon collègue Stéphane Peu a dressé un portrait des mesures, bonnes et mauvaises, prises au fil des différents PLF et PLFR.

Essentiels, les dispositifs d'aides aux entreprises ont prouvé leur valeur et leur utilité : ils ont permis à des millions de Français de conserver leur emploi, et ce, même lors des différentes fermetures administratives ; sans oublier l'indemnisation du chômage partiel. Cependant, la faiblesse, voire l'absence des conditions posées au versement des aides aux grandes entreprises et le manque de fermeté manifesté sont plus que choquants. Quel est le résultat ? En pleine période de crise, les patrimoines des milliardaires décollent et le CAC40 s'autorise une distribution record de dividendes de 51 milliards d'euros !

Dans le même temps, la pauvreté explose et les plus précaires subissent la double peine, notamment avec la réforme du chômage que vous avez tenu à maintenir coûte que coûte. Tout récemment, vous vous êtes également opposé à des mesures de bon sens comme la déconjugalisation de l'AAH, qui vise pourtant à donner une autonomie financière aux personnes en situation de handicap – nous aurons la réponse finale sur ce sujet demain.

Avec ce PLF, vous avez refusé de taxer les dividendes, de supprimer les niches fiscales des grandes entreprises et de conditionner les aides. C'est à cause de tous ces cadeaux, dont les Français devront payer le coût à un moment ou à un autre, d'une façon ou d'une autre, que les plus fortunés ont continué de s'enrichir. Pourquoi ne pas mettre enfin les plus riches à contribution ? Depuis le début de la crise, la question de leur juste participation et du rétablissement d'un impôt sur la fortune se pose, encore et encore. Il ne s'agit pas d'une logique revancharde, comme j'ai pu l'entendre dire ici ou là, ni de confisquer…

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