Intervention de Mireille Robert

Séance en hémicycle du mercredi 16 juin 2021 à 15h00
Mesures de relance

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMireille Robert :

Les effets de la crise sanitaire vont s'inscrire dans la durée. Mais la crise n'est pas que sanitaire, elle est aussi économique. Sur ce point, notre majorité peut se féliciter de la mobilisation du Gouvernement pour sauver les entreprises et accompagner les salariés privés d'emploi. Chacun sait l'effort budgétaire qui a été réalisé pour permettre aux commerçants, aux restaurateurs, aux théâtres ou aux cinémas de passer le cap.

Au-delà, je veux vous parler de ce que nous voulons construire pour permettre à la France d'affronter les défis du XXIe siècle, que sont la transition écologique, la cohésion et la compétitivité. Le 20 septembre dernier, un plan de relance de 100 milliards d'euros a été lancé : 10 milliards ont été engagés en 2020 et déjà 16 milliards l'ont été depuis janvier. C'est un effort considérable que font nos concitoyens : 30 milliards pour l'écologie, 34 milliards pour la compétitivité et 36 milliards pour la cohésion. Tout cela concourt au redressement de notre pays, avec une vision qui porte des choix structurants pour l'avenir qui s'articulent autour d'une réponse coordonnée aux défis environnementaux, économiques et sociaux.

La crise que nous affrontons est un moment crucial pour retrouver l'équilibre des territoires. Je vais vous parler de la France rurale, celle qui, depuis quarante ans, a vécu une forme d'abandon économique au nom de la concentration des moyens autour des grands centres urbains. Le plan de relance s'adresse à elle, parce qu'il nourrit les moyens de la relocalisation de notre industrie, par l'innovation, par l'abaissement des impôts de production et par l'aide à l'embauche des jeunes.

Le plan de relance s'adresse à la France rurale, en accompagnant les Français dans la transition écologique. Les bonus et primes à la conversion vers les véhicules propres touchent ainsi particulièrement les zones rurales, où imaginer que l'on puisse se passer de voitures individuelles est utopique. Là, il faut aider les Français : près de 180 000 primes et 156 000 bonus ont été attribués – c'est de l'écologie concrète pour nos concitoyens.

Un autre volet est essentiel : la relocalisation de l'économie. La filière alimentaire est un exemple de cette action que nous menons depuis la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous (EGALIM) : il s'agit de retrouver notre souveraineté.

Je m'attarderai sur la filière forêt-bois souvent ignorée mais qui concerne 440 000 emplois. En tant qu'élue de l'Aude, elle me touche particulièrement. La haute vallée de l'Aude a été une place forte de cette filière à travers la production du formica et des panneaux stratifiés. Au début des années 2000, cette production a été délocalisée, ce qui a entraîné la perte de centaines d'emplois en laissant une friche industrielle sur ce territoire. Nous ne referons pas l'histoire, mais nous pouvons construire l'avenir, peut-être en nous diversifiant et en investissant, par exemple, dans la chimie du bois et plus généralement dans la bio-économie.

Avec l'innovation, l'Aude a la possibilité de compter de nouveau pour la filière bois. Développée avec les communes forestières, la marque « Bois des Pyrénées » inscrit l'économie du bois sur notre territoire. L'industrie de transformation doit pouvoir suivre. En ce sens, le plan de relance permet d'enclencher un mouvement vertueux entre l'innovation et l'économie circulaire.

Julien Denormandie a engagé des moyens stratégiques – 150 millions d'euros –, pour améliorer la résilience des forêts face au changement climatique. Comme il le dit avec justesse, il s'agit d'aider la « conversion écologique de notre économie et de notre tissu productif, de sauvegarder les emplois et d'assurer notre souveraineté ». La résilience environnementale d'aujourd'hui, ce sont les emplois d'aujourd'hui et de demain.

Dans notre territoire, une scierie, c'est l'assurance de la préservation de la valeur ajoutée et du développement de savoir-faire qui fixent les emplois sur place. Or, au-delà des 150 millions d'euros consacrés au renouvellement forestier, le plan de relance prévoit 15 millions d'euros pour moderniser les scieries. S'y ajoutent les soutiens à la compétitivité auxquels les entrepreneurs de l'aval forestier peuvent prétendre, en matière de fiscalité, de financement des entreprises, au titre du plan de soutien à l'export et de la souveraineté technologique. Un département rural comme le mien pourra bénéficier de cet effort pour engager la mutation de son économie, grâce à des PME et des ETI – entreprises de taille intermédiaire – innovantes et exploitant durablement les ressources locales.

Notre majorité accélère l'effort pour la rénovation thermique des bâtiments. Pour les seuls bâtiments publics, 4 214 projets ont été retenus. Pensons aussi aux constructions en bois, en bois et béton ou en bois et acier et au développement des éco-matériaux : le fonds bois et éco-matériaux, géré par Bpifrance, bénéficie d'un abondement de 5 millions d'euros.

Promouvoir le bois local est possible sans attaquer nos forêts. Puisque nous ne récoltons qu'à peine plus de la moitié du croît annuel, nous pouvons augmenter les prélèvements en garantissant leur avenir. À l'heure de la reprise, c'est un atout pour l'économie circulaire. Les territoires ruraux, qui ont été coupés des grands centres de l'économie, redeviennent attractifs, non seulement grâce à la qualité de vie qui y règne, mais aussi parce qu'ils sont le cœur de l'économie bio-sourcée que notre siècle doit adopter pour répondre aux défis auxquels il est confronté. C'est à travers un tel accompagnement des projets d'entreprise et une telle structuration des filières que les 100 milliards d'euros du plan de relance apportent les effets concrets dont l'économie a besoin. Le plan de relance le permet.

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