Intervention de Emmanuelle Ménard

Séance en hémicycle du mercredi 27 octobre 2021 à 21h30
Projet de loi de finances pour 2022 — Mission immigration asile et intégration (état b)

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaEmmanuelle Ménard :

Je devrai malheureusement les défendre séparément, monsieur le président, car ils sont tous très différents.

L'examen des crédits de la mission "Immigration, asile et intégration" montre que la hausse de la demande d'asile constatée depuis 2015 n'a pas cessé. Ainsi, en 2019, l'OFPRA a reçu plus de 132 800 demandes. Ce chiffre sans précédent a fait de la France le deuxième pays d'accueil en Europe, derrière l'Allemagne. Certes, offrir l'asile fait partie des traditions humanistes françaises, mais peut-on se réjouir de voir la France devenir le deuxième pays d'accueil en Europe, lorsque l'on sait que très peu de demandeurs sont en réalité éligibles au droit d'asile ?

La France a-t-elle toujours les moyens d'accueillir comme elle le fait ? Le budget de la mission table sur 145 700 demandes adressées à l'OFPRA en 2022 – toujours plus. L'accueil de ces personnes est-il réalisable dans de bonnes conditions ? Même Emmanuel Macron l'admet : la France ne peut pas accueillir tout le monde si elle veut accueillir bien.

La situation actuelle ne peut plus durer. Il est temps de pratiquer une politique migratoire réellement maîtrisée, une immigration choisie. D'autres pays démocratiques le font. Il n'y a pas de honte à cela. C'est simplement une question de justice pour les Français : on ne peut pas privilégier l'accueil de l'autre quand, dans son propre pays, la pauvreté ne fait que grandir.

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