Intervention de Edouard Philippe

Séance en hémicycle du mercredi 17 janvier 2018 à 15h00
Questions au gouvernement — Projet d'aéroport à notre-dame-des-landes

Edouard Philippe, Premier ministre :

Monsieur le président Fesneau, vous avez évoqué dans votre question les déçus, ceux qui ne comprennent pas cette décision. Quant à ceux qui sont en colère, vous ne les avez pas mentionnés, mais ils sont nombreux. Pour avoir rencontré plus d'une centaine d'élus locaux, des maires, qui sont porteurs de l'intérêt de leur territoire et qui, considérant que ce projet était le bon, l'avaient soutenu pendant longtemps, je puis vous dire que je comprends parfaitement leur déception et, à certains égards, leur incompréhension.

Dans la position où je me trouve, celle de Premier ministre, je dois prendre en compte les aspirations formulées par ces maires, par les élus locaux, par les parlementaires qui, bien entendu, s'expriment. Je dois aussi choisir et prendre en compte une série d'éléments qui s'imposent à moi comme à tous ceux qui se trouvent au Gouvernement, et plus encore à celui qui dirige le Gouvernement.

Trois choses essentielles ont motivé la décision que j'ai prise.

La première, je l'ai dit, c'est que les délais considérables, la façon dont les choses se sont passées – je ne veux pas jeter l'opprobre sur tel ou tel – ont été tels – c'est un constat objectif – que rien n'a été fait, que les positions étaient tranchées, souvent violentes de la part de certains, et que plus rien n'avançait.

Nous savons tous – encore une fois, je le dis sans esprit polémique – que, dans les grands projets d'infrastructures comme celui-ci, l'opposition locale est toujours de mise et que, derrière elle, il y a en général un mouvement puissant qui fait que l'intérêt du projet s'impose avec une forme d'évidence.

Permettez-moi de vous dire, monsieur le président, que cinquante ans d'hésitation ne font jamais une évidence. Jamais !

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