Sans les énumérer tous, je voudrais mettre en avant quelques points, déjà cités par plusieurs orateurs, sur lesquels la souveraineté me paraît essentielle.
Tout d'abord, notre souveraineté doit être sanitaire. C'est l'une des leçons majeures de la crise du covid-19. Même si, comme l'a dit M. le Premier ministre, l'Union européenne a été au rendez-vous de la crise, cette dernière a mis en évidence un degré de dépendance déraisonnable auquel il nous faut remédier par des mesures d'anticipation.
En premier lieu, il est indispensable de consolider une architecture de santé européenne : nous aurons la responsabilité de mettre sur pied l'autorité européenne actuellement en préparation, dénommée HERA – Health Emergency Preparedness and Response Authority, Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d'urgence sanitaire.
Nous devons également nous réarmer au niveau industriel avec la constitution d'un projet important d'intérêt européen commun (PIEC) dans le domaine des biotechnologies. Nous devons renforcer la recherche européenne pour devenir des partenaires capables d'aider les pays du Sud à développer leur capacité de production de vaccins à ARN messager.
Monsieur Coquerel, sur ce point, nous ne sommes pas dans l'incantation, mais dans une réalité : l'Europe a permis l'exportation massive de ses propres vaccins, et c'est elle qui a le plus donné aux pays en développement, singulièrement en Afrique. Au total, 700 millions de doses auront été distribuées d'ici à 2022, et nous sommes au rendez-vous de la production africaine de vaccins de génération européenne.