Intervention de Adrien Quatennens

Séance en hémicycle du jeudi 1er février 2018 à 9h30
Reconnaissance comme maladies professionnelles des pathologies psychiques résultant de l'épuisement professionnel — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAdrien Quatennens :

Madame la présidente, monsieur le secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, monsieur le rapporteur, cher François, ce mardi, les personnels des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes – EHPAD – se sont fortement mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer plus de moyens et d'effectifs. Car aujourd'hui, voyez-vous, malgré une volonté sans bornes et à toute épreuve, ils ne parviennent pas à faire correctement leur travail, pour la raison qu'on ne leur en offre pas la possibilité. Alors qu'on apprend en formation qu'une toilette s'effectue en quarante minutes, on leur demande d'en faire douze, parfois quinze, en une seule matinée.

Derrière toute politique budgétaire, derrière toute statistique ou considération comptable, se cachent des réalités humaines. Dans ce cas précis, on voit comment une trajectoire budgétaire peut induire de la maltraitance, en plus de la souffrance au travail. Dans les EHPAD, comme dans les hôpitaux, le point de rupture est atteint, car le dévouement des professionnels de santé connaît la limite de tout travailleur, à savoir leur propre limite physique et psychique. Ce n'est d'ailleurs sûrement pas un hasard si c'est d'abord dans le secteur médico-social que fut mis au jour, en 1975, le syndrome de l'épuisement professionnel, avant qu'il ne soit identifié dans tous les autres secteurs au cours des années 1990.

Car oui, tous les secteurs sont concernés. Nul n'est épargné. L'épuisement professionnel est l'un des fléaux du monde du travail, tel que nous le connaissons aujourd'hui. Je serais évidemment caricatural si je disais que le travail n'est que souffrance, mais vous le seriez tout autant si vous nous racontiez cette comptine improbable de la bienveillance généralisée, de la vertu et de l'épanouissement assuré. Si le progrès technique et la tertiarisation de l'économie ont fait disparaître bon nombre de tâches pénibles, il en demeure énormément, auxquelles il faut désormais ajouter les pratiques managériales agressives, la difficulté, voire l'impossibilité à déconnecter, et les absurdités que provoque un système qui repose sur la compétition de tous contre chacun en toutes circonstances, et qui encourage le moins-disant social.

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