Je crois qu'une certaine liberté de parole a cours dans cette maison, madame la présidente.
Comment voyez-vous donc, monsieur le secrétaire d'État, l'évolution du statut ? Le rapport remis par Jean-Ludovic Silicani, déjà un peu ancien, contenait un certain nombre de propositions, mais, en ce qui concerne précisément le mérite, il a été maintes fois prouvé que l'introduction d'une part de rémunération au mérite dans le traitement des fonctionnaires n'avait que peu d'impact sur le management. Pour avoir géré des équipes fournies dans l'administration, je sais que ce n'est pas parce que la rémunération de son équipe comporte une part variable de 15 % ou 20 % que le manager dispose d'un levier supplémentaire. La rémunération des surveillants pénitentiaires ne comporte d'ailleurs pas de part variable fondée sur le mérite ; ils font pourtant très bien leur travail, et je ne crois pas que quiconque propose de leur appliquer un tel dispositif. Sinon, pourquoi ne pas rémunérer députés et ministres au mérite ? (Exclamations.) J'aimerais ne pas être interrompu toutes les deux minutes, mais il est certain que si je le suis sans cesse, mon intervention risque d'être très longue.
Pour ce qui est de l'attractivité, comparez donc le niveau de rémunération des enseignants dans notre pays à ce qu'il est chez nos partenaires européens souvent cités. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures !
Ma dernière question portera sur le nombre de postes de fonctionnaires que vous voulez supprimer. Je vous interrogerai non pas sur ces 120 000 postes, mais sur les seuls 50 000 postes de la fonction publique d'État. En tant que membre du Gouvernement, vous pourrez me répondre. Est-ce au ministère de l'intérieur que le nombre de postes sera réduit, alors que nous avons besoin de davantage de policiers et de gendarmes, alors que nous avons besoin de davantage de personnel dans les préfectures, ne serait-ce que pour traiter les questions d'immigration et d'asile ? Est-ce au ministère de la transition écologique et solidaire, au lendemain de la COP21, alors que le changement climatique est un enjeu majeur ? Est-ce au ministère de la justice, alors que nous sommes au vingt-quatrième rang des pays de l'Union européenne pour le budget que nous lui consacrons ? Est-ce au ministère de l'Europe et des affaires étrangères, alors que notre diplomatie a besoin d'être renforcée ? Est-ce au ministère des armées, alors que nous prévoyons de porter le budget de la défense à 2 % du PIB ? Est-ce au ministère de la cohésion des territoires, qui mériterait d'être renforcé si la politique de la ville est bien un axe majeur ? Est-ce au ministère de l'économie et des finances, alors que la loi sur un État au service d'une société de confiance, récemment adoptée, crée des besoins supplémentaires, notamment pour jouer un rôle de conseil ? Est-ce au ministère de la culture ?