Dans cette affaire, je redoute qu'on encourage une fois de plus l'organisation de grands groupes, par le biais de fusions et de rapprochements, ce qui éloignera encore l'agriculteur de l'activité de conseil et qu'on augmente les charges. Or qui paiera à l'arrivée ? Le producteur. En plus, il y a cette autre inconnue, qui concerne l'application pratique de votre volonté de réorganiser tous ces services sur le terrain.
Je ne vois pas du tout comment l'ordonnance sera appliquée. Je souhaitais, monsieur le ministre, vous faire part de ces facteurs d'inquiétude. Comme cela a été dit à plusieurs reprises, nous avons voté, en octobre 2014 – hier – la loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt présentée par Stéphane Le Foll. On commence à mettre en place sur le terrain les certificats d'économie de produits phytopharmaceutiques. Vous vous souvenez du débat que nous avions eu sur les fameuses fiches actions, qui doivent être mises en oeuvre sur le terrain, conjointement, par les techniciens et les agriculteurs.
Enfin, cette disposition ne s'inscrit pas dans la philosophie de ce qu'a souhaité faire Emmanuel Macron et ne correspond pas aux intentions affichées par le Gouvernement, à savoir simplifier et faire confiance aux acteurs des territoires. En procédant par ordonnances et en imaginant une application aussi compliquée de la séparation de la vente et du conseil des produits phytosanitaires, on apporte de la complexité et on impose des charges aux agriculteurs ; c'est dommageable.