Si des gens sont au chômage, chers collègues, c'est qu'il n'y a pas assez d'emplois. Chaque année, 200 000 emplois nets sont créés, ce qui ne suffit aucunement à absorber les millions de chômeurs dont vous avez hérité et dont vous vous acharnez à augmenter encore les effectifs.
Face à cette situation, que proposez-vous ? On en pleurerait presque : accentuer la pression sur les chômeurs afin qu'ils retrouvent des emplois dont je rappelle qu'ils n'existent pas, ce qui est proprement aberrant ! Nous espérons que, au moins, vous avez embauché des gens pour produire l'idée tordue de créer un journal de bord des chômeurs !
Celui-ci doit servir, comme l'indique l'exposé des motifs de votre texte, à « assurer un suivi en continu de l'intensité de la recherche d'emploi et [… ] enclencher [… ] une dynamique de remobilisation ». Nous retrouvons là le langage En marche, avec un nouveau terme pour signifier « radiation » !
Les personnes concernées devront donc remplir un journal de bord, si d'aventure elles n'avaient pas assez à faire avec les entretiens d'embauche, les transports et l'aide aux enfants ou aux parents. Si elles ne savent pas écrire, elles seront radiées du chômage. Bien entendu, cette mesure cible essentiellement les étrangers, même s'ils travaillent en France depuis des décennies, ce qui est tout à fait cohérent avec votre loi asile-immigration !
Toutefois, cette disposition frappera bien au-delà, parmi tous ceux ayant des difficultés d'expression écrite. Emmanuel Macron, je vous le rappelle, considérait les ouvrières de GAD comme des illettrées. J'en déduis qu'il veut leur couper leurs allocations chômage !