C'est en effet l'une des difficultés auxquelles nous faisons face. Je distinguerai mobilité géographique et parcours de carrière. C'est cette dernière que je veux favoriser. Ce n'est pas fait. En effet, le turnover des surveillants pénitentiaires liés à des souhaits de mobilité et de départ vers le privé nous met en difficulté. Ils partent vers des polices privées ou municipales, car la formation qu'ils ont reçue à l'École nationale de l'administration pénitentiaire (ENAP) est remarquable. Ils partent donc vers des situations professionnelles où les contraintes – je veux dire par là la difficulté du métier – sont moins fortes que dans les établissements pénitentiaires. La surpopulation carcérale les mobilise, de sorte qu'ils ont moins de temps à consacrer aux fonctions humaines qui font partie de ces métiers, et doivent assumer des fonctions mécaniques, comme l'accompagnement de détenus. Nous devons bien sûr lutter contre la surpopulation carcérale. J'ai vu aussi aux Pays-Bas – je ne sais pas si l'administration pénitentiaire va aimer ce que je vais dire – un système où, grâce à des badges différenciés ouvrant seulement telle porte, les détenus pouvaient se rendre eux-mêmes dans tel ou tel endroit, ce qui allégeait les tâches fastidieuses des surveillants, dont la mission pouvait être recentrée sur des fonctions humaines et non de simple surveillance.