Intervention de Éric Woerth

Séance en hémicycle du mercredi 20 juin 2018 à 21h30
Règlement du budget et approbation des comptes de l'année 2017 — Présentation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaÉric Woerth, président de la commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire :

Cette évolution place, une fois encore, la France dans une logique de perdant, en fait la lanterne rouge des grands pays de la zone euro.

Avec les bienfaits de la croissance, le déficit budgétaire aurait pu se résorber massivement si l'effort en matière de dépense avait été réel ! Le Gouvernement bénéficie actuellement, rappelons-le, d'une situation économique très exceptionnelle : le prélèvement sur recettes destiné à l'Union européenne n'a jamais été aussi faible depuis 2005, tout comme les taux d'intérêt, conduisant à un reflux continu de la charge de la dette ; grâce à la croissance, les carnets de commandes se remplissent, et le climat des affaires est bon avec le retour de la confiance des chefs d'entreprise.

Mais alors que nos comptes publics s'améliorent, légèrement et pour des raisons conjoncturelles, ne nous voilons pas la face. Vous savez comme moi, monsieur le ministre, que notre pays reste dans une situation de grande fragilité dans un contexte marqué par le ralentissement constaté de la croissance, dont j'espère qu'il ne sera que conjoncturel ; le niveau élevé de l'euro ; l'augmentation du prix du pétrole ; l'augmentation des taux d'intérêt d'emprunt, après les annonces récentes de la BCE et l'augmentation forte des taux aux États-Unis ; le climat de quasi-guerre commerciale qui s'aggrave et qui fragilise le monde ; les fragilités politiques qui traversent l'Europe – je pense évidemment aux incertitudes italiennes, voire allemandes. Ce ne sont pas des risques hypothétiques : c'est la réalité. Le Président Macron entre dans le dur ; le temps des promesses financées par la croissance est aujourd'hui derrière nous.

Pour assainir nos comptes publics, il faut utiliser un levier essentiel, celui de la maîtrise de la dépense. Évidemment, plus que jamais en période de croissance, la diminution structurelle de la dépense est le juge de paix absolu.

Or le Gouvernement n'a pas su freiner la hausse considérable de la dépense publique en 2017, et en particulier celle de l'État. Ainsi, sur le champ des ministères, la hausse de la dépense est inégalée depuis 2007 : plus 10,6 milliards d'euros ! Si cette augmentation s'explique en partie par des mesures prises par vos prédécesseurs – vous avez évoqué, ainsi que le rapporteur général, le protocole « Parcours professionnels, carrières et rémunérations » et la revalorisation du point d'indice dans la fonction publique – , qui ont évidemment pesé lourdement dans la balance, il est pourtant primordial de rendre la dépense publique plus efficiente.

Il n'y a pas mille façons pour y parvenir ; il y en a deux, et elles concernent 73 % de la dépense publique. La première, n'ayons pas peur des mots, c'est de réduire la dépense sociale.

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