Intervention de Catherine Chapalain

Réunion du jeudi 7 juin 2018 à 10h15
Commission d'enquête sur l'alimentation industrielle : qualité nutritionnelle, rôle dans l'émergence de pathologies chroniques, impact social et environnemental de sa provenance

Catherine Chapalain, directrice générale de l'Association nationale des industries alimentaires (ANIA) :

Les crises, les scandales, ou en tout cas les fraudes, ne sont pas liés à la présence d'additifs.

Ensuite, nous utilisons des ingrédients qui ont été autorisés par les autorités scientifiques au niveau européen. Nous n'utilisons aucune substance qui n'aurait pas été évaluée et autorisée. Ce ne sont pas les industriels de l'alimentaire qui déposent les dossiers, mais des fabricants d'additifs.

Comme on l'a dit, dans les années 1970-1980, le consommateur demandait des produits très colorés qui se gardaient longtemps, tandis qu'aujourd'hui il demande davantage de naturalité. On constate ainsi une demande de clean labels, mouvement venu des États-Unis.

Les industries agroalimentaires réduisent donc, quand elles le peuvent, la présence des additifs dans leurs produits. Elles tendent très clairement à diminuer le nombre des ingrédients et élaborer des produits plus naturels. Cela ne signifie pas que les additifs en question soient dangereux pour la santé ou qu'ils soient mauvais, puisque, je le rappelle, ce sont des substances qui sont évaluées et autorisées. Nous ne sommes pas là pour défendre les additifs en tant que tels, mais pour éclairer nos adhérents sur l'évolution de la science et des attentes des consommateurs. Nous nous adaptons à chaque fois qu'une autorité scientifique publie un avis ou que les attentes du consommateur changent.

Prenons l'exemple du bisphénol A, qui n'est pas un additif mais qui a fait l'objet de débats. Cette substance était autorisée en Europe et en France, mais dès lors qu'une agence scientifique, l'ANSES en l'occurrence, a publié un avis négatif sur cette substance, les industriels ont pris leurs propres mesures de gestion, qui ont ensuite été confirmées par la loi, afin de retirer le bisphénol A de leurs emballages.

Nous demandons des avis très clairs de la part des autorités scientifiques donc des réglementations claires au niveau français et européen. C'est dans l'intérêt des industriels, des consommateurs et des pouvoirs publics, pour rassurer les Français à l'égard de leur alimentation.

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