S'agissant de l'orientation, votre projet de loi est d'une frilosité et d'une pauvreté extrême. Vous confiez la compétence de l'orientation aux régions, mais en leur transmettant ni l'amont – l'Office national d'information sur les enseignements et les professions, l'ONISEP – , ni l'aval – les centres d'information et d'orientation, CIO. La vérité, madame la ministre, c'est que les jeunes sont victimes d'un combat entre votre ministère et celui de l'éducation nationale, et que vous avez perdu les arbitrages interministériels. Cela entraîne deux conséquences : une concurrence exacerbée entre les lycées professionnels et les centres de formation d'apprentis – alors qu'il faudrait favoriser la complémentarité des parcours – et une aggravation de la fracture territoriale et sociale.
Enfin, vous transformez l'assurance chômage, la faisant passer d'un système assurantiel à un système de solidarité nationale financé par l'impôt – d'où l'augmentation de la contribution sociale généralisée. Ainsi, vous faites payer une partie des allocations-chômage par les retraités. Vous cassez ainsi l'un des piliers de notre politique sociale en remplaçant le paritarisme de gestion par un paritarisme de caution. Cela nous inquiète grandement, surtout lorsque l'on entend le ministre de l'économie et des finances dire que les aides à l'emploi sont inefficaces, ou le ministre de l'action et des comptes publics affirmer qu'il y a trop de solidarité nationale.