Monsieur le président, madame la ministre, chers collègues, avec cette loi rebaptisée « loi pour la confiance dans la vie politique », l'intention affichée par le Gouvernement est de répondre à la méfiance, voire à la défiance croissante de nos concitoyens envers le monde politique. Cela est bien nécessaire, en effet !
Pendant la campagne électorale, nous avons tous pu constater cette défiance qui gronde à travers le pays. Qui, parmi nous, n'a pas été alpagué par un concitoyen disant « tous pourris, tous les mêmes » ? Moi-même, je fais partie de ceux qui l'ont dit fréquemment. Plus que la défiance, le poison qui ronge notre République, c'est l'indifférence au politique, à l'idée même que l'on puisse s'engager dans les affaires de la cité. De déceptions en frustrations, de trahisons en abandons, le citoyen a fini par se moquer d'une politique qui se moque de lui. L'abstention, inédite par son ampleur, en est d'ailleurs l'un des symptômes les plus manifestes, comme l'a souligné M. de Rugy dans son discours d'investiture.
Nous ne pouvions donc que nous féliciter de cette intention, nous qui travaillons précisément au développement d'un mouvement de révolution citoyenne, pour redonner toute sa place et toute sa confiance au peuple.