Monsieur le président, madame la garde des sceaux, madame et messieurs les rapporteurs, mes chers collègues, soixante ans après la refondation de la République en 1958, l'actuel chef de l'État veut une « constitution Macron ».
C'est le sens profond de ces trois projets de loi de nature institutionnelle qui, s'ils étaient adoptés, sonneraient le requiem pour la Ve République. Loin d'en être le restaurateur, Emmanuel Macron en serait le fossoyeur. Car la Ve République originelle, celle définie par Charles de Gaulle et Michel Debré, c'est, c'était un régime d'équilibre, un vrai régime parlementaire complété par une figure présidentielle arbitrale, un régime de collaboration des pouvoirs dans lequel le gouvernement nommé par le président est pleinement responsable devant l'Assemblée nationale.
La République, telle que nous la concevons – notre république – , ce n'est certes pas le retour au parlementarisme débridé de la IVe République, ce n'est pas le régime d'assemblée néo-conventionnel que certains appellent la VIe République, mais ce n'est pas non plus un principat présidentialiste, dans lequel le Président de la République détiendrait tout le pouvoir de l'État, le Gouvernement ne serait composé que d'exécutants subalternes et le Parlement serait réduit à obéir aux ordres de l'Élysée.
Puisque nous pensons, nous Les Républicains, que le Parlement doit être un vrai pouvoir de l'État, nous nous opposerons de toutes nos forces à tout ce qui, dans le projet de M. Macron, affaiblit l'Assemblée nationale et restreint, de ce fait, les libertés des Français.