Ce débat très riche nous rappelle tout d'abord à notre propre responsabilité d'élus, qui devront légiférer sur ces sujets. Ce sont des questions qui nous interpellent personnellement, impliquent une définition de l'humanité, alors que nous ne mesurons pas encore tous les effets du développement des nouvelles technologies sur la société. Nous observons une forme de déshumanisation de la société, de la jeunesse notamment.
Quel est le risque que la e-santé et l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le champ de la santé soient un cheval de Troie pour faire accepter à l'humanité ces nouvelles techniques ? Pour la Polynésie française, territoire lointain et très étendu, la télémédecine est un enjeu majeur, une chance de développement et de sécurité pour les habitants. Nous suivons donc de près ces évolutions. Mais jusqu'où le mieux est-il l'ami du bien ? Jusqu'où pourra-t-on préserver le sens de de l'humanité ?
Le développement des technologies ne doit pas se faire au détriment d'autres parties du monde. Est-il encore possible d'ailleurs de contenir cette évolution ? Le sujet est nouveau en Europe, mais il est déjà bien développé dans d'autres régions du monde, où les notions éthiques ne sont pas tout à fait les mêmes. Je crains que l'Europe ne se projette dans l'intelligence artificielle pour rester compétitive sur le plan mondial, et oublie l'éthique.