Tout au plus, chers collègues de la majorité, vous ridiculisez-vous, car vos interventions et votre souhait de poursuivre nos travaux comme si rien ne se passait qui mérite de les interrompre dénotent surtout, aux yeux du plus grand nombre, votre incapacité à prendre la mesure de la gravité du moment et du point de non-retour désormais atteint par cette République en marche qui n'a plus l'air de marcher droit.
Les astuces de langage qui font penser à une réactivité dès la connaissance des faits sont, comme le recentrage de l'attention sur les agissements de M. Benalla, de la poudre aux yeux. On veut faire croire que la connaissance des faits remonte à quelques jours, alors qu'elle remonte à près de trois mois. On veut faire entendre que le problème est davantage individuel que systémique, mais personne ne peut y croire un seul instant.
Ce matin, madame la ministre, vous avez dit dans la presse votre inquiétude qu'à l'occasion de cette nouvelle lecture de votre projet de loi l'opposition ne fasse de l'obstruction.
Il n'a jamais été question pour l'opposition de faire de l'obstruction, et il n'en est pas plus question à cette heure.
Madame la ministre, si vous voulez savoir où se trouvent les responsables de cette obstruction que vous craignez, ils sont assis juste derrière vous, sur les bancs de la majorité.