Intervention de Jean-Yves le Drian

Réunion du mardi 17 juillet 2018 à 17h00
Commission des affaires étrangères

Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères sur les défis de l'Union européenne :

Ce que je peux vous dire, c'est que nous sommes très soucieux de sauvegarder les vies de ces humanitaires. Cela fait partie des discussions au plus haut niveau de l'État.

Monsieur Goasguen, j'ai un désaccord avec vous sur l'Allemagne car, dans la situation actuelle de déstabilisation globale, seul le renforcement de l'alliance franco-allemande peut garantir un pôle de stabilité. Il importe donc d'avoir avec l'Allemagne un partenariat lucide, confiant, qui soit une sorte de référence dans les perturbations internationales que nous connaissons.

Je partage en revanche votre avis sur la Méditerranée. La difficulté de la mutation politique en Algérie n'empêche pas de prendre des initiatives. Nous avons un dialogue « cinq plus cinq », entre les cinq pays du nord de l'Afrique, Algérie, Tunisie, Maroc, Libye et Mauritanie, et les cinq du sud de l'Europe, Malte, Italie, France, Espagne et Portugal, qui se réunissaient jusqu'à présent de manière épisodique et essentiellement sur les questions de défense. Ce lieu de discussion est déjà institutionnalisé, il suffit de le revigorer, et c'est ce que souhaite le Président de la République. Nous y travaillons donc.

L'Université franco-allemande, madame Sylla, fait partie des discussions préparatoires au nouveau traité de l'Élysée, au coeur duquel il y aura le rapprochement de nos systèmes éducatifs, avec le renforcement des objectifs de compétence linguistique, la reconnaissance des diplômes du secondaire et un renforcement global de la coopération culturelle. C'est au centre de la rénovation du traité.

L'aide au développement mériterait une audition spécifique. Nous sommes déjà dans le cadre d'une coopération renforcée sur la TTF, puisque onze États membres négocient depuis 2013.

L'APD française sera renforcée pour atteindre 0,55 % du RNB. Nous avons souhaité qu'une partie significative de ce supplément soit affectée au bilatéral pour développer une relation spécifique avec certains pays, mais nous aurons à coeur que l'APD française et l'action européenne se déclinent correctement dans chaque pays où nous intervenons. Il faut donc une programmation conjointe dans chacun de ces pays. Ce sera particulièrement exemplaire dans le cadre de la mise en oeuvre de l'Alliance pour le Sahel. Nous avons donné mission au député Hervé Berville de travailler sur ces sujets ; j'attends ses recommandations, y compris sur la programmation, et nous en tiendrons compte, ainsi que de celles de votre propre rapport, madame Poletti, avant de proposer une stratégie concrète pour l'emploi de notre supplément d'APD.

S'agissant du projet Nord Stream 2, notre position est pour l'instant une position d'attente. Je n'en dirai pas plus publiquement.

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