Je veux saisir l'occasion qui m'est ici donnée, monsieur le ministre, pour vous interroger sur la politique agricole commune et sur le rôle que je souhaite vous voir jouer en Europe. Comme vos prédécesseurs, vous allez en effet vous battre pour préserver le montant de l'enveloppe allouée à l'agriculture européenne, et je ne doute pas que vous réussirez. De toute façon, vous le devez !
Je veux aussi vous interroger sur deux sujets : le verdissement de la politique agricole commune et la durabilité des modes de production. J'aimerais vous voir jouer un rôle moteur sur le sujet de la dépendance européenne aux protéines d'origine végétale, de façon que les agriculteurs européens, et notamment français, soient moins dépendants des importations de tourteaux, et que l'on puisse encourager, en France, la production de luzerne, de trèfle et de lin.
Je souhaite aussi vous interpeller sur la conciliation entre l'urgence économique et l'urgence écologique. La politique agricole commune ne pourrait-elle soutenir la production, en Europe, de prairies permanentes ? Celles-ci sont en effet des pièges à carbone. Il faudrait donc expliquer aux consommateurs européens que, pour bien piéger le carbone, les prairies permanentes doivent être pâturées avec des bovins, des ovins et des équins, autrement dit avec des filières d'élevage.